I. Etudes et leçons^ lï, iSg
3. Histoire politique..., p. 5S7. — Annales de la Religion, I, 37: 3i-3/|.
LOI DU 3 VEKTOSE AN ni 17^
toutes ces invectives plus de valeur qu'elles n'en ont ; que Boissy d'Auglas, disciple de Rousseau, ait voulu chanter son couplet sentimental en l'honneur de la bonté native du genre humain, qu'en invoquant Cicéron comme un ancêtre de la religion de l'idéal, il ait espéré rallier à son opinion les cuistres qui l'écoutaient, peu importe : ce qui est certain, c'est que la Convention, sans adorer cequ'elle avait brûlé, inaugura une nouvelle tactique à l'égard de l'Eglise. La loi proposée par Boissy d'Anglas fut votée presque sans discussion et il nous faut en reproduire ici les dispositions essentielles :
Art. I. — Conformément à l'article 7 de la Déclaration des Droits de l'Homme, Texercice d'aucun culte ne peut être troublé.
Abt. 2. — La République n'en salarie aucun.
Art. 3. — La République ne fournit aucun local, ni pour l'exercice du culte, ni pour le logement des ministres.
Art. 4. — Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l'enceinte choisie pour leur exercice.
Art. 5. — La loi ne reconnaît aucun ministre du culte : nul ne peut paraître en public avec les liabits, ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses.
Art. 6. — Tout rassemblement de citoyens pour l'exercice d'un culte quelconque est soumis à la surveillance des autorités constituées. Cette surveillance se renferme dans des mesures de police et de sûreté publique.