‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 230 sur 364 · RÉUNIS PAR QUI · texte numérisé non relu

RÉUNIS PAR QUI

Etait-ce donc le corps épiscopal, ou premier ordre de réglise gallicane qui leur avait conféré un mandat } des évêques d'avant 1789, il ne pouvait être question : les amis de Grégoire les regardaient comme totalement déchus de leur office. N'avaient-ils pas abandonné leur troupeau comme des pasteurs mercenaires ? le peuple ne les reconnaissait plus. On aurait pu répondre que ces évêques n'étaient partis que lorsqu'ils n'avaient pas pu faire autrement, chassés de leurs diocèses et de leur patrie par une loi inexorable ; que plusieurs d'entre eux avaient voulu rester quand même et qu'ils avaient péri : l'archevêque d'Arles, les évêques de Saintes, de Beauvais et de Mende pendant les massacres de Septembre, celui d'Agde guillotiné à Paris, celui de Montauban mort en prison à Rouen, ceux de Cavaillon, de Die, d'Orange, de Saint-Brieuc succombant dans quelque retraite obscure, minés par les soucis, les fatigues et les privations^. Ce n'est pas tout : ceux qui avaient dû s'exiler avaient laissé en France des vicaires généraux pourvus de tous les pouvoirs nécessaires : ils n'avaient donc pas délaissé leurs diocèses, et continuaient à s'en occuper dans la mesure où la prudence le permettait. — Mais non ! pour Grégoire et son parti, tous ces évêques, ayant refusé de se soumettre à la Constitution civile, avaient perdu par là tout droit à gouverner leurs églises.

Si la mission des « évêques réunis » ne pouvait venir des prélats émigrés, c'était donc l'épiscopat constitu-

I. Pisani, Les derniers évêques de V Ancien Bégime (Correspondant, lo novembre 1908, pp. /igS-ôoo).

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