‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 233 sur 364 · MANDEMENT DE GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

MANDEMENT DE GRÉGOIRE

mérait dans sa pastorale tous les attentats commis pendant la Terreur, toutes les violations des principes de liberté au nom desquels on avait fait la Révolution ; il n'essaie pas d'envelopper ses récriminations dans les à peu près d'une vague phraséologie, il parle net et appelle les choses par leur nom. C'est qu'il fallait être ferme en un moment où beaucoup de consciences s'étaient oblitérées. Il n'y avait pas d'ailleurs de meilleur moyen de se faire respecter d'un pouvoir qui réservait ses rigueurs pour les faibles et les timides. L'évêque de l'Orne, au lieu de reprendre ses fonctions, comme la loi de frimaire l'en eût laissé libre, écrivit au représentant Géiiissieu pour lui demander une autorisation dont il n'avait pas besoin : il fut victime

Loir-et-Cher est resté si longtemps sans écrire à ses diocésains. « La tyrannie étouffait nos pensées... On ne pouvait alofs ni u imprimer, ni écrire... Ecrire à quelqu'un, c'était compromettre « inutilement sa liberté, sa vie même, dans le cours de cette <c année effroyable où le sang, même celui des justes, ruisselait « de toutes part, où la France était couverte de victimes, dont un « grand nombre ont été immolées, de bourreaux, dont la piuu part vivent encore et rugissent de n'être plus au milieu du « carnage. »

tt Avec qui correspondre, d'ailleurs^ lorsqu'au milieu de cette « défection qui scandalisait TËglise, privé de renseignements « certains, j'ignorais quels étaient parmi vous les hommes restés « fidèles ; car la religion, comme la Patrie, a eu ses émigrés... m

a ... Dans ces murs où un homme re\'étu d'un grand pouvoir « trouvait étrange que Ton n'eût pas encore dressé les bûchers, c< lorsqu'il restait des prêtres ; à Blois^ on se rappelle que cinq « furent égorgés, entre autres le curé de Saumur, qui était muni a de son certiflicat de civisme. La Terreur était portée à un tel « point qu'on n'osa leur donner la sépulture, et leurs corps « sanglants, roulant dans les flots de la Loire épouvantée, allèrent <c se réunir à ceux qu'on noyait à Nantes !... » — « Une troupe do

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