LA NLIT DU 4 VOLT
courant électrique, les paysans se lèvent aux qualix? coins du royaume, partout où se dressait une Bastille fwxiale ou monastique. Un bruit absurde se répand : <' Les brigands arrivent ! » et, sous prétexte de se défendre contre un danger imaginaire, les bandes armées investissent les châteaux et les couvents *. C'est la fin d'un régime détesté î II faut s'emparer des grains mis en réserve pour provoquer la famine; il faut dé- Iruire tous les titres qui consacrent les inégalités •^Kriales, et des feux de joie s'allument, alimentés par do \ieilles chartes; ils gagnent parfois le château, et même les châtelains -•
Ce souffle de Jacquerie qui parcounit la France, comme un vent de tempête, eut son action directe sur l'Assemblée de Versailles. Ce que le peuple se disposait à prendre de force, mieux valait le lui offrir de bonne l^riice. C'est ainsi que, dans la nuit du 4 août, on vit s'écrouler d'un seul coup l'édifice des privilèges^. Né d'un incident sans importance, ce grand acte de renonœment quasi-volontaire prit des proportions inatlen-
1. Prudhoininn (Rth\ de Paris, n* 3) raconte que le t^) juillet on a tniii\é « chez un ciin'', à (|uclques lieues de Taris, îles canons et « «ii's amies*, » et sans discuter la vraisemblance de celle noii- ^Hle, il ajouti; d'un air scandaNsé : « Il ])ou\ait bien, ce traîlre « (^clésiaslique, par celle odieuse conduite, mériter un bénéfice, « mais cii n'élait pas un bon moyen pour gagner le ciel I » El dilcs encore que les Prudhomnie et autres n'étaient pas de lM)ns chrétiens !
a. Ea janvier i7yo, Neckor présenta le compte des indemnitt's "lues au\ victimes di? ces ravages; il ^*él('\ait à Go millions. Pru- •llioinine disait : « C'est beauc()U[) pour quelques girouettes arra- " cIk'hn ! » (lirr, de Paris, n° ^17).