LES CATHOLIQUES RENDUS RESPONSABLES
sion haineuse les prêtres étaient pourchassés, il v*sl du devoir de l'historien impartial de se demander sur quoi pouvaient reposer ces accusations forcenées, et quels faits vrais ou faux servaient de base à ces attaques.
Il y avait en France, et surtout hors de France, parmi les émigrés, un parti intransigeant qui se refusait à séparer la cause de la religion de celle du royalisme, et qui préférait priver le pays de tout secours religieux plutôt que laisser la paix se rétablir avant le rétablissement de la royauté. Non seulement ces partisans du « tout ou rien » ne désiraient pas la G n de la persécution, mais ils comptaient sur elle pour désabuser le peuple et le dégoûter de la République. Qu'on ne croie pas qu'il s'agisse ici d'exagérations ramassées dans les pamphlets : cette singulière doctrine était professée dans les cercles les plus élevés de l'émigration, et l'évêque de Nancy, M. de La Fare, qui, sous la Restauration, sera cardinal et archevêque de Sens, écrivait : u N 'est-il pas à craindre que le peuple ne s'accoutume au gouvernement qui tolérera la religion, et qu'il n'en puisse conclure que la royauté n'est point nécessaire à son salut ici-bas^ ? » Ainsi, pour ce parti, la meilleure république était la plus intolérante : c'est de l'excès du mal qu'ils attendaient le bien, alors que généralement le mal n'a jamais engendré que le pire.
Cet état des esprits n'était pas cependant aussi général qu'on se plaisait à le dire: dans leur ensemble, le paysan français, qu'il fût breton, auvergnat, lorrain ou