I . Delarc, Eglise de Paris, lil, Soq
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que le Pape n'aurait pas prononcé souverainement ^ Malgré ces précautions, une fermentation se produisait parmi les catholiques de Paris ; des paroles inconsidérées étaient prononcées, colportées, commentées, amplifiées et parvenaient aux oreilles d'une police attentive, mais aussi inintelligente que malveillante ; elles servaient de thème à des déclamations furibondes, et si la loi de vendémiaire contient des dispositions particulièrement rigoureuses et vexa toires, il est bien probable que les imprudences de quelques exaltés y
I. M. yistihiez (Annales révolutionnaires, a* année, p. 30a), exagère singulièrement la nature des divisions qu*il constate entre les prêtres réfractaires au sujet des divers serments de soumission aux lois. 11 croit que les divisions allèrent jusqu'au refus de communiquer in divinis, ce qui serait la man{ue extérieure du schisme. Je lui répondrai qu'il y a là une confusion : à aucun moment une autorité ecclésiastique ayant qualité pour le faire n*a prononcé d'exclusion contre des prêtres faisant ou refusant la promesse de soumission et les censures étaient réservées à ceux qui, en adhérant à la Constitution civile, avaient embrassé une doctrine que le Pape, jugeant souverainement, avait jugée condamnable. Les censures ecclésiastiques ne sont pas à la disposition du premier venu et il faut pour les infliger, être pourvu du pouvoir de juridiction.
Je reconnais volontiers que. dans l'un et l'autre parti, il y a eu des ardents, des impatients, des intempérants, qui prétendaient devancer le jugement de l'Eglise et se sont crus autorisés à rompre toute relation privée avec des confrères qui ne pensaient pas et n'agissaient pas comme eux.
J'irai plus loin : quelques évêques émigrés, ayant perdu la notion précise des besoins actuels de l'Eglise de France, ont pu s'exprimer avec sévérité sur le compte de ceux qui se trouvaient sur place et voyaient que les fruits de leur ministère étaient subordonnés à la promesse de soumission ; ces évéques ont pu menacer de censures des hommes dont ils reconnaissaient d'ailleurs la bonne foi et qui étaient disposés à se soumettre quoi qu'il dut leur en coûter; ils demandaient seulement à connaître
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ont contribué pour leur part et ont entravé l'œuvre de pacification, si difficile à mènera bonne fin *.
11 convient de dire ici qu'à Paris les autorités départementales ne paraissaient pas disposées à obéir aux excitations qui venaient du côté de la Convention; elles s'efforçaient de faire preuve de la plus impassible impartialité. Sollicité par le Comité de Sûreté Générale
l'expression authentique des volontés de leurs chefs légitimes ri n'auraient pas modiUé leur ligne de conduite sur des propos cr»Iportés par des individus non qualifiés pour parler au nom de l'autorité. Tout cela est très loin de constituer un schisme entre prêtres soumis à une autorité qu'ils sont tout disposés à reconnaître mais à cette autorité seulement. Il ne faut donc pa> prendre pour des actes officiels les incartades de quelques exagérr''* sans mandat.
M. Mathieznc paraît pas convaincu que le clergé non-constitutionnel était unanime pour s'incliner devant les ordres du P&pe. et il invoque à l'appui de son dire Tatlitudo des 3G évèques émigrés qui refusèrent en 1801 la démission que Pie VII leur demandait. Je lui répondrai qu'en 1789, /i des évèques légitimes acceptèrent la Constitution civile désapprouvée par le Pape et que la faute de quelques-uns ne doit pas rejaillir sur le corps entier. Il y a eu des évéques gallicans en 178g, en 1801, en 1816 et beaucoup plus tard, mais jamais ils n'ont été jusqu'à provoquer un schisme dans l'Eglise ; ils ont suivi et même enseigné des doctrines contestables sans que Home, qui les désapprouvait, ait jamais cru utile de les frapper rigoureusement, et cela pour éviter le scandale. 11 y eut en 1796 des prêtres isolés et même des évêque* professant individuellement des opinions particulières et tel était le cas de ceux qui prétendaient rompre avec ceux de leurs confrères qui croyaient de leur devoir de se soumettre aux lois politi([ues de leur pays.
I. (t Les prêtres qui professent le culte catholique ne sont pas u moins dangereux pour la tranquillité ; leurs débats, leurs « distinctions de réfractaires et de constitutionnels, les dégoûta « qu'éprouvent ceux qui ont prêté serment, leur empire sur les (( esi)rits peuvent altérer la morale publique. » Arch. Nat.. h'** 111, Seine i8. Rapport du Bureau central, i3 floréal an IV.