HA.OES RELIGIEUSES DES CONVENTIONNELS
pour remettre les églises de préférence aux constitutionnels, le Département répond « que ce n'est pas- (( l'administration qui est chargée de choisir les mi- « nistres du culte, mais que les citoyens le font celéc( brer par tel ministre qu'ils jugent à propos... le rôle (( de l'administration est de veiller à ce que nul (c n'exerce le ministère sans avoir fait la déclaration « prévue par la loi, et, cette formalité une fois rem- « plie, elle n'a plus rien à voir dans ce qui se passe « dans les temples ». — Pour ce qui est des anciens serments, le Département répond encore « que la sou- « mission exigée du ministre déclarant ne se rapporte « nullement au passé... qu'il ne doit être question « d'aucune recherche ni examen sur la conduite du « prêtre ou de ses opinions politiques... que toute « question en ce sens serait un abus d'autorité K »
Mais à cette modération des autorités locales, il faut opposer les progrès de la réaction jacobine dans le sein de la Convention. Mis en présence de leurs crimes, les anciens terroristes avaient pris le parti de les nier. Lanthenas déclare que ce sont des fables inventées par les royalistes ; — Lahaye prétend que Lacoste, au cours de sa mission en Alsace, n'a jamais fait couler le sang des innocents; — Villetard prononce cette parole : K Même sous Robespierre, c'étaient les royalistes qui faisaient commettre les assassinats et les attribuaient ensuite aux plus purs patriotes*. »
Nous sommes déjà loin du jour où la Convention.
Arch. Nat., F"" lU Seine i8. Rapport mensuel de fructidor. , Journal de Perlet, vendémiairo an IV.
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rougissant des horreurs d'un régime de perséculîon. accordait à tous la liberté de suivre leur conscience et de servir Dieu sans s'exposer aux rigueurs de l'arbitraire : exploitant quelques imprudences individuelles, ces hommes que possède l'esprit de tyrannie se sont réconciliés au moment où on leur a contesté le droit de conserver indéfiniment un pouvoir dont ils ont trop longtemps profité ; ce n'est plus la peur qui le< groupe et leur fait accepter les cruautés» d'un despote: aucun d'eux ne se croit de taille à jouer le rôle d'un Robespierre, mais ils sentent que le pouvoir va leur échapper et c'est là ce qui les exaspère. Les élections, puisqu'ils en ont autorisé quelques-unes, leur signifient que le pays s'est détaché d'eux : Lanjuinais, Boiss} d'Anglas, Henry Larivière, Cambacérès arrivent portés par des majorités écrasantes et élus dans un grand nombre de départements. Les assemblées primaires, appelées à ratifier par une sorte de plébiscite la Constitution de l'an III qui substituait au sufl'rage universel un régime censitaire, l'avaient acceptée à une majorité de 20 contre i, mais le décret qui conservait 5oo conventionnels dans les nouveaux Conseils, ne passa que par aôo.ooo suffrages, pendant que la Constitution en avait recueilli plus d'un million ; 19 départements le rejetèrent, celui de la Seine par 2 ï .734 voix contre ï . 1 56, et il y eut 750.000 abstentions*. A ces manifestation^ du sentiment national, la Convention voulut répondn par des actes, et les dernières lois votées sont une déclaration de guerre au parti modéré. Il vient de