‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 256 sur 364 · Bunetin des lois. Moniteur, t. XXVI, 3o · texte numérisé non relu

Bunetin des lois. Moniteur, t. XXVI, 3o

al^S PAS d'ammstie

la peine de mort qui était applicable dans la plupart des cas.

Enfîn, avant de se séparer, la Convention vota une amnistie générale, mais elle eut soin d en exclure formellement les prêtres. Les septembriseurs, les terroristes, les prévaricateurs et les anarchistes étaient tous couverts par l'impunité : mais de pauvres prêtres dont le crime était d'avoir tout sacrifié pour obéir à leur conscience restaient hors la loi. Ce fut le testament de la Convention : elle eut rougi de terminer sa sanglante carrière par un acte de clémence.

ClfVPITRE VIII

LE DIRECTOIRE ET l'ÉGLISE DE PARIS EN 1795.

Le Directoire et l'Église. ^ Fête de Noël en 179'». — Tracasseries policières. — Les ordinations. — Un évéquc à Livry. — Lcnquéte de floréal an IV.

Le gouvernement qui succéda à la Convention était organisé par la constitution de Tan III, il comportait non plus une assemblée, mais deux : les Cinq-Cents et les Anciens. La première élaborait les lois, mais ne les votait pas, et les soumettait à l'approbation de l'autre, qui les discutait, les acceptait ou les repoussait, mais n'avait pas le droit de les modifier. Le pouvoir exécutif était complètement distinct du pouvoir législatif et était confié à cinq magistrats, qui avaient le titre de Directeurs ; enfin le pouvoir judiciaire était remis aux tribunaux dont les membres étaient élus par le même corps électoral restreint que les membres du corps législatif. Quant aux Directeurs, le Conseil des Cinq- Cents dressait une liste décuple où les Anciens choisissaient les élus.

Nous savons que le corps législatif de l'an IV devait comprendre 5oo anciens membres de la Convention sur 750 : la majorité se trouvait donc acquise par

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avance au parti qui avait gouverné la France pendant la dernière période, et ce furent cinq anciens conventionnels qui furent choisis pour composer le Directoire : Sieyès, Barras, La Réveillère-Lépeaux, Letourneur et Rewbell ; Sieyès n'ayant pas accepté fut remplacé par Lazare Carnot ^

Le nouveau pouvoir exécutif paraissait devoir suivre une politique très nette et très homogène, puisque ses cinq membres avaient été élus ensemble par la même majorité et sur le même programme. On ne tarda pas cependant à les voir se diviser en deux camps. Carnol et Letourneur, militaires l'un et l'autre, étaient préoccupés avant tout de la situation extérieure qui était loin d'être satisfaisante ; pour défendre les frontières, il fallait une armée nombreuse et disciplinée ; pour j avoir cette armée, il fallait la nourrir, la payer et la faire obéir ; or, ils avaient besoin pour cela de ressourcées financières, et pour avoir de bonnes finances, il était nécessaire que le pays fut tranquille, que le commerce

I. On put voir dès lors combien illusoires étaient certaines précautions prises par la Constitution pour assurer rindcpen- (lance réciproque des deux conseils. Les Cinq-Cents, ayant à dresser une liste de cinquante citoyens parmi lesquels les Ancien}' devaient élire les cinq directeurs, inscrivirent sur leur liste lo< cinq candidats de leur choix et y ajoutèrent 4â noms plus obscurs les uns que les autres, à l'exception de Cambacért's qui venait le dernier, et qui n'avait aucune chance d'être désigné parce qu'il appartenait à l'opposition. C'était donc pour les Ancien» la cari»' forcée. Il n'est pas impossible d'ailleurs que dans ce cas jnrtirulier les deux Conseils aient procédé après entente préalable, parce qu'ayant la même origine, servant la même politique cl , ayant les mêmes préférences, ils avaient pu s'entendre sur les mêmes noms. Mais on voit avec quelle facilité un des Conseil* | pouvait mettre l'autre en échec, s'il y voyait son avantage. |

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