LA FÊTE DE NOËL EN
u leurs mesures, entravez leurs mouvements, désolez u leur patience)). Si nous pensons que la police employait comme agents subalternes des hommes peu instruits, peu intelligents et mal disposés, on voit à quels abus peuvent conduire de semblables instructions. Si de plus, les chefs sont des politiciens sectaires et prêts à ajouter foi aux commérages les plus ridicules, il ne faut pas s'étonner si des mesures odieuses sont prises contre le clergé.
Pour nous en faire une idée, nous n'avons qu'à lire les rapports de la fin du mois de décembre 1790 ^ On sait combien la fête de Noël est populaire à Paris ; en particulier, la messe de minuit est une cérémonie à laquelle on tient dans toutes les classes de la société. Pour quelques-uns, j'en conviens, elle est seulement le préambule obligatoire d'un joyeux réveillon, mais il est beaucoup plus de fidèles qui se font un devoir de solcnniser la venue de l' Enfant-Dieu par un rite qui est le dernier vestige des anciennes vigiles célébrées par les premiers chrétiens. Il y avait là une occasion toute trouvée de vexer les catholiques : le Ministre de la Police la saisit avec empressement et fit savoir que la messe de minuit n'était pas autorisée. Pour justifier l'interdiction, il prétendit que cette réunion nocturne fournirait aux conspirateurs le moyen de se grouper et d'essayer ensuite de renverser le gouvernement. Cette prohibition fut fort mal accueillie dans la plupart des quartiers de Paris ; comme en 1792, les commerçants des halles virent avec un très grand