LA FÊTE DE NOËL DE
« projet de rassemblement nocturne, et je pense que si (( la permission est demandée, elle sera refusée . ^)) Mais ce n'est pas tout : dans une dépêche au général Bonaparte, commandant de l'armée de l'Intérieur, il lui apprend qu'un mouvement est prévu pour la nuit de Noël et lui confie la sûreté des deux Conseils *. On dirait que cette cérémonie devait être le signal d'une nouvelle Saint Barthélémy ! On ne peut s'empêcher, de sourire de ces préparatifs militaires destinés à empêcher quelques paisibles chrétiens de se conformer à une pieuse coutume. L'ordre ne fut du reste aucunemont troublé; toutes les églises demeurèrent fermées ; en divers endroits, et notamment au faubourg Saint- Antoine, dos groupes stationnèrent inutilement pendant la soirée près des églises, et, voyant qu'on n'ouvrait pas, se dispersèrent. La messe ne fut dite à minuit que dans des maisons particulières. La veille, les matines avaient été chantées avant la nuit dans la plupart des églises 3. Quant à la journée même du 26, elle se passa sans le plus petit désordre ; il y eut aux offices une affluence énorme ; on sentait que le vent d'anti-cléricalisme qui avait passé en 1794 sur le peuple de Paris s'était dissipé et que les sentiments religieux reprenaient le dessus. (( Avant-hier, écrit un journaliste, je traversais « l'église de Saint Sulpice, pendant qu'on y disait la <( messe; parmi ceux qui l'entendaient, j'ai reconnu <( quelques-uns qui ne croyaient pas en Dieu il y a cinq