L' ETIQUETE DE FLORÉAL AN IV
Sciout Tavait consulté il y a une trentaine d'années et en avait donné dans son 4" volume (pages /|Gi à 465), une analyse malheureusement superfîcielle ; de plus, il indique une cote inexacte : F VIT, 4269. On s'explique facilement que l'abbé Grente, quand il travaillait à son excellent livre : Le culte catholique à Paris de la Terreur au Concordat, ait vainement cherché cette enquête dans un carton où elle n'était pas. Il a donc été obligé d'utiliser les extraits de M. Sciout, sans pouvoir en combler les lacunes, ni même distinguer ce qui était tiré du document des hypothèses plus ou moins ingénieuses que M. Sciout y avait incorporées. Servi par un heureux hasard, j'ai retrouvé cette enquête, en cherchant autre chose, et je puis dire quecelte fois-là je n'ai pas perdu ma journée ; les tableaux contiennent, en effet, plus de 600 noms, accompagnés de renseignements qui, encore qu'incomplets, ajoutent beaucoup â ce que nous savions sur l'histoire religieuse de cette époque, et permettent de dresser un état assez exact des prêtres employés à Paris au commencement de l'année 1796.
Cet état cependant ne sera pas définitif, parce que les
été faite mvec beaucoup de négligence et les listes sont manifestement incomplètes.
Six arrondissements fournissent un grand nombre de noms : Kî ni- : ^|5; le IV : 5i ; le Vir et le IX" : 57 ; le \V : 86 el le XII* : io3. Mais ces chiffres ne sont pas absolus, car certains noms reviennent plusieurs fois pour les prêtres qui ont fait la déclaration dans toutes les municipalités sur le territoire desquelles ils voulaient exercer. Pour avoir des états précis, il faudrait faire un travail fort minutieux; la chose en vaut la peine ot tentera peutêtre quelque chercheur persévérant.
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rapports des municipalités ne sont pas tous rédigés avec le même soin, et aussi parce que les déclarations reçues ne sont pas toujours très claires. Beaucoup de prêtres sont marqués comme « n'exerçant pas ». Que faut-il en déduire ? pour quelques-uns, le doute n'est pas possible : « Calais, rue d'Orléans, exerce des fonc* « tîons civiles, connu comme excellent patriote » : c'est un vicaire défroqué de Saint-Jacques ; — « Baleix, rue « Mouffetard, patriote » : c'est un vicaire de Saint-Marcel qui a définitivement abandonné son état. Voici d'autre part : « Bequet, Thomas, 810, rue du Regard » : il sera vicaire à Saint^Sulpice jusqu'en. 181 4 ; — « Grayo, Pierre-Joseph, 585, rue des Cordiers » : c'est M. Grayo de Kéravenant, le fameux vicaire de Saint-Sulpice ; — « Lostande, 798, rue du Cherche-Midi » : encore un prêtre de Saint-Sulpice ; ils ont dit ne pas exercer parce qu'il leur répugne de signer la promesse de soumission aux lois républicaines, mais on sait que, malgré le défaut de déclaration, ils se livraient à un ministère d'autant plus rempli de dangers qu'il était plus fructueux. Nous voyons donc réunis sous la même rubrique des apostats et des apôtres ; et entre ces deux extrêmes se plaçaient tous ceux qui pour diverses raisons n'avaient pas repris un ministère officiel : l'âge, la santé et aussi la pusillanimité. Redoutant un réveil de la persécution, quelques-uns n'oubliaient pas qu'ils étaient prêtres, mais agissaient comme s'ils l'avaient oublié ; d'autres timides disaient la messe chez eux ou dans une maison amie, confessaient quelques personnes, visitaient quelques malades, faisaient un peu de bien, mais à condition de ne pas se compromettre.
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C!e n est pas sur de tels ouvriers qu'il fallait compter pour rendre à rfiglise son ancienne splendeur.
Enfin, Tenquête ignore, pour cause, tous ceux qui étaient obligés à se cacher : les ficaires généraux, certains curés, comme M. Marduel, de Saint-Roch, des supérieurs de communautés, comme MM. Montagne et Duclaux, trop compromis pour pouvoir se présenter aux municipalités sans risquer d'être arrêtés sur4cchamp, mais dont l'activité se communiquait à tous les prêtres qui dépendaient d'eux et dont l'influence est Ia cause principale du renouvellement religieux que nous avons eu à constater*