CHAPITRE IX
LE CULTE A PARIS AU COMMENCEMENT DE l'année 1796.
La Cathédrale. — Les églises et chapelles *.
Notre-Dame était l'une des douze églises qui devaient être rendues au culte en vertu de la loi du 1 1 prairial, mais la remise ne s'opéra pas sans de grands retards. Par ordre du Comité de Salut Public, l'administration des hospices avait pris possession de Notre-Dame et prétendait y rester ; ce fut le crédit dont disposait Grégoire qui triompha de la mauvaise volonté des amis de cette administration et fit comprendre la cathédrale parmi les édifices qui devaient être rendus à leur ancienne destination. Aux termes de la loi, aucune église ne pouvait être consignée aux mains des fidèles sans que quelques citoyens se fussent reconnus responsables de toutes les charges inscrites dans la loi 2. Le 24 thermidor an 11 (11 août 1795), comparurent à l'Assemblée du Comité civil de la section de la Cité : i" Adrien-Joseph Roux, commis
. I. On a suivi l'orclre des anci(?ns arrondissements, a. Loi du 7 vendémiaire an IV, ai^iclc 17.
aSa RÉOUVERTURE DE NOTRE-DAME
de l'agence des Salpêtres et des Poudres ; 2* Pierre-Jeat Agier, commissaire national près le tribunal du 5* arrondissement de Paris ; 3" Henri Grégoire représentant di peuple, évêque du département de Loir-et-Cher A** Jean-Baptiste Royer représentant du peuple, évêqu^ du département de TAin ; 5* Jean-Pierre Saurine repRsentant du peuple, évêque du département des Lande<. tous cinq représentés par le citoyen Farcot, membre d\i directoire du département de la Seine, lequel avait éiî spécialement délégué pour procéder à la remise de^ églises, conformément à la loi de prairial. Les cinq comparants, agissant tafit en leur nom qu'au nom d^ 6i autres catholiques, annoncèrent leur intention df rendre l'église de Notre-Dame au culte et sollicitèrent la remise des clefs ; la requête ayant été admise à l'unanimité, ces clefs furent représentées au nombre de 23, et le citoyen Houdé fut désigné pour en être le dépositaire. Mais celui-ci fit remarquer qu'il ne pouvait recevoir ce dépôt, attendu que les tonneliers charge de soigner et manipuler le vin étaient obligés d'entrer et de sortir à toute heure et que par suite les portes restaient continuellement ouvertes. On convint donc que jusqu'à nouvel oixire, les clefs de la principale porte resteraient entre les mains du gardien actuel, le nommé Ymer, ancien suisse de Notre-Dame, et il fut entendu que le vin serait déménagé dans le plus bref délai possible ^ Grégoire et ses amis ayant eu gain de cause, il n'y
1. Gazicr, Etudes sur V Histoire religieuse de la névolution fraïf çawé». Appendice, pp. 3i6-32u