SAINT-PHILIPPE-DU-ROULE
une détention prolongée pouvait exercer sur les prisonniers. Fernbach se défend avec persistance de toute solidarité avec les aristocrates et les modérés, et, le 35 thermidor, alors que Robespierre était déjà renversé et qu'on pouvait penser que le règne de la Terreur était terminé, il écrit pour solliciter son élargissement et annonce son intention de se marier. Or, on trouve au dossier les lettres d'une citoyenne Driancourt, qui demande aussi la délivrance de Fernbach... on craint de comprendre pourquoi.
Le Comité de Sûreté générale rendit au prisonnier le service de le garder sous clef le temps nécessaire pour qu'il eût le loisir de réfléchir et de renoncer à ses déplorables projets. C'est seulement le 32 ventôse an 111 (i3 mars 1790) qH'il sortit de prison, et dès le mois de germinal (avril) il reprenait son ministère dans son ancienne paroisse, cherchant à restaurer la vie chrétienne chez une population parmi laquelle il avait, malgré ses égarements, conservé beaucoup d'amis. Il obtint la restitution de l'église, et, le jour de sa réouverture, les paroissiens furent invités à se choisir un nouveau curé, en remplacement d'Alexis Séjournée, qui avait sombré dans la tempête^. Deux candidats étaient en présence : d'abord Fernbach, puis Joseph Charfoulot, qui avait été curé de Saint-Philippe de 1770 a 1778 et vivait depuis retiré à Maffliers. Voici <;omment on procéda pour l'élection : en haut d'une grande feuille de papier, on écrivit les noms des deux -concurrents et chacun des électeurs vint apposer sa