SAINT-LAURENT
et n'était pas disponible ; on ignorait même quand elle le serait. Margarita, installé malgré tout, entama toute une série de démarches, dans le^ueiles il fut aidé par son vicaire Lappareillé, et, après un long'mois de pourparlers, il se fit remettre les clefs de son ég^lise. Les fidèles pouvaient y venir, seulement ils ne vinrent pas en grand nombre ; le quartier sans doute était populeux, mais beaucoup de ses habitants étaient des ouvriers peu dévots, et ceux qui tenaient à la messe préféraient celle des insermentés. 11 y eut donc peu d'aflluence ; les quêtes et collectes s'en ressentirent et le clergé ne se composa que du curé avec Le Logeais et Lappareillé comme vicaires. On suppléa à l'insufiSsauce du personnel en faisant appel aux prêtres recueillis aux Incurables. Cet hôpital avait été transféré pendant la Révolution dans l'ancien couvent des Récollets ; — c'est maintenant l'hôpital militaire. — au nombre des vieillards hospitalisés, il se trouvait un assez grand nombre de prêtres âgés ou infirmes, et, parmi eux, quelques-uns n'étaient rendus impropres à tout service ni par leur santé, ni par quelque tare morale ; ils étaient heureux de toucher de très modestes émoluments leur permettant d'améliorer l'ordinaire extrêmement frugal de l'hospice. De plus, il y avait dans le voisinage quelques anciens religieux Récollets, qui, chassés de leur maison, étaient restés dans le quai^ tier et dont le concours était utilisé tout au moins pour garnir le chœur les jours de fête. — En germinal, le clergé de Saint-Laurent comprenait six prêtres ayant fait la déclaration prévue par la loi.
NOTRE-DAME DE BO:»5E-NOUVELLE 3a 5
Notre-Dame de Bonne- Nouvelle. — L'église paroissiale de Saint-Sauveur n'avait laissé que des ruines. Le Guré, René Desforges, avait juré avec sept de ses prêtres, et, en 1791, la circonscription de sa paroisse ayant été notablement agrandie par suite de la suppression de paroisses voisines, il avait eu sous ses ordres un clergé composé de quinze prêtres, dont trois desservaient réglise de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, conservée comme annexe. En 1798, trois de ses vicaires s'étaient rétractés et les douze autres déclarèrent unanimement renoncer à leur état. Le curé n'avait pas donné l'exemple de la fermeté : il faut dire qu'il avait quatrevingts ans et que depuis cinquante ans il desservait Saint-Sauveur ; la peur lui avait fait depuis longtemps oublier ses devoirs et, peu avant la Terreur, quand un sous-diacre était venu lui demander de le marier, en présentant une dispense délivrée par Gobel, il avait procédé sans résistance à cette cérémonie dont il ne pouvait ignorer la nullité radicale ^.
Bien qu'il eut docilement livré ses lettres le 34 brumaire, et renouvelé son abdication devant la commune le 3o ^, il fut dénoncé à la section du Bon-Conseil comme ayant dissimulé ses véritables sentiments et pour avoir gardé des attaches avec le a Fanatisme ». Le I" pluviôse (a8 janvier 1794) il fut arrêté et conduit k Saint-Lazare, où dans la même journée il fut rejoint par neuf de ses vicaires. Il s'agissait de quelque complot dont on voulait réunir tous les auteurs ; en effet, non seulement ceux qui résidaient sur la paroisse