‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 312 sur 364 · SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS · texte numérisé non relu

SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS

3^* Il a détenu chez lui des armes qui avaient été saisies chez des émigrés ; — il répond qu'il s'agit d'une paire de pistolets appartenant à son frère, et qu'en qualité de commissaire de la section, son frère avait le |

droit d'être armé *.

4" En 179a, il a dit la messe de minuit ; — il répond que ce jour là il était au lit malade.

5** 11 a fait sonner les cloches ; — il le nie. I

6** 11 a été en rapport avec le nommé Cassagne. — Réponse : son vicaire Cassagne était en même temps président de la section des Gravilliers ; il n'ignore pas que, le i8 juin 1793, Cassagne a dit que le Pape avait autorité sur l'Eglise, propos pour lequel il a été sus- . pendu de ses fonctions * ; mais il ne dépendait pas de lui d'enlever son titre à un de ses vicaires, et il était bien obligé d'avoir avec lui les relations nécessitées par le service; mais il l'avait exclu de chez lui,

7* Il avait gardé ses lettres de prêtrise. — Réponse : il ne connaissait pas de loi l'obligeant à les remettre.

Colombart resta en prison sans être jugé, il en sortit le 8 frimaire an 111 (28 novembre 1794).

iMais le 3 prairial (22 mai 1795) il était encore une fois arrêté : après avoir failli être victime des terroristes, il était accusé maintenant d'avoir été leur complice. On l'inculpait ni plus ni moins de participation aux massacres de septembre ; on disait que, dans la

1. Ce frère fut convaincu de s'être approprié la dépouille de plusieurs individus massacrés par le peuple et fut condamné à 1 2 ans de fers.

2. Arch. Nat., F^ ^335. Bien qu'aposlat, rabl)é Cassagne fut traduit devant le Tribunal Révolutionnaire pour répondre des propos qu'il avait tenus, et il fut guillotiné le j6 prairial an II (1 juin 1796).

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nuit du 39 au 3o août 179a, il avait siégé dans le comité qui faisait faire des perquisitions et ordonnait les arrestations. — Il répond qu'il a seulement coopéré à la recherche et à la saisie des armes chez les suspects, et qu'il n'a appris qu'il y avait eu des massacres qu'après leur exécution. Sans doute, il a connu et fréquenté Jacques Roux, Léonard Bourdon, Gobel et généralement tous les terroristes, mais il ignorait alors qu'ils fussent des ennemis de la République. On lui rappela encore qu'il avait bu dans les vases sacrés avec les révolutionnaires ; — il répond que c'est là une fai blesse qu'il s'est toujours reprochée.

Son dossier contient plusieurs mémoires datés de Port-Libre et du Plessis les i«' messidor, 4 et 28 fructidor an m ; le 7 vendémiaire an IV, Grégoire, qu'il avait su intéresser à sa cause, prend sa défense et insinue que les accusations portées contre lui sont un coup monté par les amis de Parent. 11 fut remis en liberté le 27 vendémiaire an IV (19 octobre 1795) ^

Peu après, il eut à s'expliquer devant le Pi-csbytère sur sa conduite pendant la Terreur, et spécialement sur la scène révoltante qui s'était passée h la sacristie de Saint-Nicolas-des-Champs. « Le T. C. F., dit le « procès-verbal 2, est convenu du fait, et au lieu de « manifester des sentiments de pénitence, que doit « inspirer une telle prophanation (sic), il a prétendo « justifier sa faute... ce qui pénètre l'Assemblée de la « plus profonde douleur ». En conséquence, Colom-

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