‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 322 sur 364 · SAIÎÏT-JEAN-EN-GRÊVE · texte numérisé non relu

SAIÎÏT-JEAN-EN-GRÊVE

pouvoir compter, les vicaires généraux placèrent un certain nombre de constitutionnels repentis qu'ils voulaient voir à l'œuvre avant de leur conférer des situations indépendantes. Nous y voyons entrer successivement, à mesure qu'ils se rétractent, les prêtres de Saint-Gervais qui font leur soumission. Plus tard, quand M. Chevalier reviendra à l'unité, ceux de ses confrères qui étaient provisoirement aux Blancs-Manteaux reviendront travailler sous ses ordres.

On voit aussi, en floréal an IV, parmi les prêtres des Billettes un rétracté dont l'histoire est bien affligeante : Charles-Antoine Guyard était, en 1791, aumônier des Dames de la Miséricorde. Il fut arrêté comme réfractaire le i3 août 1792 et conduit à la prison des Carmes. Le a septembre, il échappa aux massacres et ce fut le point de départ de ses épreuves : de nouveau arrêté en 1798, terrifié par les menaces qui lui furent faites, il abdiqua et se maria. Poursuivi par le remords, il se présenta en 1795 devant M. de Malaret, promit de se séparer de sa compagne, et, après une épreuve qui ne fut peut-être pas assez prolongée, fut absous et placé aux Billettes. Au mois de novembre, relancé par celle qu'il avait abandonnée, il quitta encore une fois son état et alla rejoindre cette femme. C'est seulement le 3i mai 1807 qu'il devint veuf; il alla sans retard se jeter aux pieds du cardinal Caprara, et, le 17 octobre, le Légat du Pape le releva de toutes les censures qu'il avait encourues, mais en le laissant sous le coup de 1' « irrégularité » qui le rendait impropre à l'exercice du saint ministère K

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