‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 336 sur 364 · ORATOIRES DE LA. CITÉ · texte numérisé non relu

ORATOIRES DE LA. CITÉ

distributeur » du Chapitre métropolitain, au semce duquel il rentrera en 1802 comme sacristain-prêtre.

Au n° 3 de la rue Haute-des-Ursins, un troisième oratoire était installé chez M. Jacques Durville, autrefois curé de Saint-Barthélémy dans la Cité, asserment*^ et rétracté ; il avait pour coopérateur M. Marie-Jacques Vatat.

Enfin, M. Girard, l'ancien curé de Saint-Landr}, avait aussi converti une pièce de sa maison en chapelle; il y disait la messe en public, et fut niém»^ arrêté en 1798, pour avoir admis à une cérémonie dans un oratoire privé un nombre d'assistants supérieur à celui de dix, qu'autorisait la loi de vendémiaire an IV^

Outre ces douze ou treize prêtres, il me semble probable que d'autres vivaient à l'ombre des tours de Notra-Dame : des lettres interceptées par la police nous apprennent l'existence d'anciens chanoines, serviteurs du Chapitre ou secrétaires de l'archevêché, mais je n'ai pas pu identifier ceux qui se désignent dans ces correspondances par des initiales ou des pseudonymes de convention.

L'enquête de 1796 nous fait connaître le nom et la résidence de deux membres du Chapitre dispersés: c'étaient MM. Decours et Mazéas; le premier logeait rue Garancière et l'autre rue Bordet (actuellement rue Descartes). Comme il n'est plus question d'eux en 1802, quand est reconstitué le Chapitre, il est présu-

I. Arch. de la Préfecture de Police, Commissariat de la division de la Cité. 1" carton. Thermidor an VTI. a. Arch. Nat, F' C6it, n* 1690.

SAINT-THOMAS-D*AQUIIf 871

niable que tous deux sont morts avant la fin de la Révolution *.

X"" Arrondissement, — Saint-ïhomas-d'Aquix. — Comme les autres églises constitutionnelles, Saint- Thomas-d'Aquin avait vu son organisation entièrement bouleversée par la Terreur. Le curé, l'ex-oratorien Jean-Paul Latyl, avait été arrêté en septembre 1798, non comme prêtre mais comme fédéraliste et girondin. Le 20 brumaire, il était détenu à Bicêtre et, dans un mémoire apologétique du 3o ventôse, il prétend avoir été le premier curé de Paris qui ait abdiqué. Il ajoute qu'il n'avait jamais eu de goût pour le ministère et qu'il n'a accepté la cure que pour être plus à même de servir la Révolution 2. Il ne gagna rien à ces palinodies et fut guillotiné le 5 thermidor 3.

Il avait pour premier vicaire Jean-Joseph Laurent, auparavant vicaire à Saint-Barthélémy, qui au moins était sorti sans déshonneur delà persécution.

Aussitôt après la loi du 11 prairial, il s'était formé sur la paroisse une association de catholiques constitutionnels qui fit à la municipalité les démarches nécessaires pour obtenir la remise de l'église et, en effet, le 1 5 juillet, J.-J. Laurent présidait à la reprise du culte. Le registre des administrateurs aurait dû nous renseigner sur les conditions dans lesquelles elle s'était

I. M. Mazéas vivait encore en 1798; il était dans une profonde misère et des amis obtinrent pour lui un secours de 600 fr. {Annales de la Religion^ V cahier du tome Vïïl, pp. 17 et 18).

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