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SAIKT-MCOLAS-DU-CHARDONNET ^89
tous deux d'émigration, et qui fourniront un long ministère à la paroisse de Saint-Louis-en-l'Ile ; enlin Gilles Cirriez, fils d'un mercier de la rue Saint- Victor ; il avait été clerc des registres à Saint-Germain-l'Auxerrois et avait refusé le serment; obligé de quitter cette église en 1791, il se mit à dire la messe dans la chapelle intérieure du Palais du Louvre, dont Taumônier était son ami. Il s'occupait activement des paroissiens restés fidèles et en particulier des religieuses qui avaient besoin d'être soutenues dans les épreuves que ces temps troublés leur apportaient. 11 exerçait son ministère d'autant plus paisiblement qu'on ne le recherchait pas ; il passait pour avoir été tué le 10 août aux Tuileries. Cependant, un jour qu'il passait dans la rue Saint- Antoine, il fut reconnu par un inspecteur de la police qui le lit conduire en prison ; c'était le 22 messidor an 11 (9 juillet 1794) : on était au plus fort de la Terreur. M. Cirriez fut interrogé pendant cinq jours ; fouillé, il avait été trouvé porteur d'une carte de sûreté et de cinq billets de garde au nom de Duché ; c'était le nom qu'il avait pris. Quand on lui demanda sa profession, il répondit que depuis le mois de novembre 1791» il était u homme de loi » et étudiant en chirurgie. — Quelles étaient ses ressources ? — Le produit des consultations qu'il donnait et aussi les économies qu'il avait faites pendant qu'il était à Saint - Germainr Auxerrois. — Que faisaît^il le i o août aux Tuileries ? — Rien, vu que ce jour-là il était à Chantilly, et il en fournit la preuve. Au cours d'une perquisition faite à son domicile, on trouva, parmi des papiers sans importance, un imprimé commençant par ces mots : u La
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(( voix de TEglisc s'est faite entendre par la bouche du « Souverain Pontife... » et aussi un calendrier de l'ancien style, « style esclave » comme on disait alors, et ayant pour allégorie « le signe du fanatisme », c'est-àdire une croix. Heureusement, le 9 thermidor arriva à temps pour suspendre cette procédure qui aurait eu pour suite inévitable une condamnation à mort, mais M. Girriez resta à Port -Libre jusqu'au 18 frimaire (8 décembre 1 794) *. Pendant quelques mois, M. Girriez. qui se faisait appeler Duché, fut malade des suites de sa détention et habita chez son père, rue des « Fossés- Victor » ; c'est pendant cette période qu'il travailla à Saint-Nicolas ; mais dès qu'il eut repris ses forces, il recommença un ministère régulier, d'abord à Saint- Benoît, puis à Notre-Dame-de-Lorette. En i8a4. il fut nommé chanoine honoraire et mourut le 18 décembre 1828, à l'âge de 74 ans.
Avec des hommes de ce beau tempérament d'apotre. le bien se faisait et les âmes, momentanément troublées, se reprenaient à vivre dans la confiance en Dieu.
Vingt-cinq prêtres environ résidaient dans la section du Jardin des Plantes, qui avaient fait la soumission nécessaire mais le rapport ne marque pas en quel endroit ils avaient dit vouloir exercer. On sait seulement que Duchesne, ancien curé de Saint-Victor, disait la messe à la chapelle de la Gongrégation, rue «Etienne » et que le prieur des Bernardins, François Morel, habitait toujours le couvent et y disait sa messe, ce qui ne