‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 7 sur 364 · CHAPITRE DFAXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DFAXIÈME

LES ÉLECTlO?«S DU CLERGÉ DE PARIS EN I789

1,0 (loiiblemeiit du Tiers. Les élections. — Les cahiers, L*espril public.

Nous avons vu qiio lo -î/i janvier 1789, avait ét('' pul>lio lo règlomonl indiquant la manière de procéder au\ élections des dépulesaiix filats-Généranx ^. Il n'est pas exagéré de dire que ce règlement contient en germe toute la Révolution.

Je ne sais s'il faut y cherclier, comme on l'a dit, un calcul machiavélique ou une naïve imprévoyance, ,1e siTais plutôt porté à y voir un produit de l'esprit ulopiqiie de ces hommes qui s'imaginaient, à cette époque, tracor le plan d'une cité idéale, dont tous les habitants pratiqueraient la vertu, parce ([u'à tous on aurait assuré le bonheur.

V celui (jui examine ce règlement, il seuible tout (l'alK)rd que tous les préjugés de l'ancien régime en ont inspiré les principales dispositions : la distinction des trois ordres est maintenue rigoureusement, et il n'> a pas jusqu'aux menus détails d'étiquette, oiY on

I. Armand BreUc, Recueil de documents relatifs à ta Convocation des Etals Généraux t I. GC-ioi. — Chassin, Les élections et tes cahiers de Paris t I. 3j5.

3(S LE norBî.EME>'T nr tiers

n*ai! voulu l'aire sentir aux gens du Tiers-État, qu'ils sont d'une espèce inférieure. Ils délibéreront à part ; le vote de leur ordre sera écrasé par celui des ordres supérieurs; on leur fait la grâce de les consulter, uiais on s'arrange de manière k pouvoir se passer de leur avis. Ils figureront dans la comédie pour y jouer le rôle du manant qu'on berne et qu'on finit par payer à coups de bâton.

Le doiihlemenf du Tiers.

Si telle était l'intention des rédacteurs du règlement, il faut convenir qu'ils se trompaient ; en tout cas, elle leur vaudra de singulières déconvenues. Par une concession, qui, dans leur esprit, était destinée à faire illusion aux partisans des réformes, ils avaient attribué au ïiers-fitat une représentation double de celle de chacun des autres ordres : ainsi, à Paris, le Clergé et la Noblesse avaient à élire chacun dix députés, et le Tiers-I^]tat en désignait vingt, (lelle mesure, qu'on a appelée le « doublement du Tiers », ne signifiait rien si les députés devaient voter par ordre: l'ojnnion des Goo députés du Tiers ne comptant que pour un suffrage, celle des 3oo députés de la Noblesse pour autant, celle des !^oo députés du (clergé départageait l'assemblée et assurait la majorité aux castes privilégiées. Ce n'est que dans le cas où les suffrages auraient été comptés par léle qu'on eut donné h l'opposition éventuelle du Tiers une force numérique, contre laquelle il n'eût pas été possible de lutter, mais, avec le vote par

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