‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 8 sur 364 · LE DOIBLEMENT DU TIERS · texte numérisé non relu

LE DOIBLEMENT DU TIERS

ordre, cetle<;oncession était dépourvue de toute portée pratique ^

De plus, el pour accentuer les conséquences du doublement du Tiers, on avait donné une voix, dans les assemblées électorales du Clergé, à tous les curés sans exception. Le plus humble « congruiste », un sousdiacre sans revenu ni bénéfice, allaient au scrutin avec une voix qui pesait exactement autant que celle de leur «^»Vjue, ou du chanoine chargé de représenter la colleclivité capitulaire *. Les élections du corps ecclésiastique allaient donc se trouver entre les mains des curés, de beaucoup les plus nombreux dans la plupart des circonscriptions électorales. Sans doute ils ne manqueraient pas d'élire quelques évêques ou d'importants bénéfîciers, mais ils ne pouvaient résistera la tentation de se réserver la plus large part dans la répartition des mandats •'*. Or, les curés, je parle surtout dos petits curés de campagne, c'était la plèbe ecclésiaslique. Ils avaient, avec le Tiers-filat, communauté d'origine, d'intérêts, je dirai même d'ambitions et de rancunes *. \écessairement, une partie des députés du

I. Thiers, Révolution française, I. 18. — Daresle, Histoire ih* France, VU, l'ia.

-j. Règlement électoral, art. 10, 11 el i5.

3. I>»s élus du clergé furent U'] évétiucs, 108 curés et 35 ablx's ou chanoines. L'ancien clergé de France, par l'abbé Sicard, 11, i3i.

I. (Quanti le Chapitre de Paris eut à so faire représenter dans les as^;mhli''es électorales des bailliages provinciaux où il possédait des biens «e« délégués furent épouvantés de l'esprit de révolte qui animait les cun*s de campagne. Voir notamment les lettres du chanoine «l** Charopigny, envoyé à Melun (Arch. Nat, L. 5/ii, 2), et chanoine Bulle, qui écrit de Sentis (L. 5/|i, 3): « Je pourrais me permettre bien des réflexions sur la manière dont tout s'est passé à

llO LES ÉLECTIONS

Clorgé allait fairo causo romniuno avec lo Tiors; inovitahlemont, ils d(M!jan(loi'aionl la réunion de» trois ordres en une seule Xsseniblée Nationale, où on volerait non phis par ordre, mais par tête, où, par consé- (pient, la majorité serait aapiise d'avance au prof^ramme des revendications du Tiers-État.

C'est de là que devait sortircette lutte dont l'épisode le plus fameux est le Serment du Jeu de Paume, et do cette lutte l'issue était connue d'avance. On a pu, dans le parti de la Cour, invociuer a\cc hauteur les droits de la Monarchie, faire entendre des menaces înofrensi>es, parce qu'elles étaient inexécutables, user d'expédients a qui il ne manquait que d'être eiïic^ces. Il était trop tard pour essayer d'éteindre le feu : il n'aurait pas fallu rallumer. Et la question est de savoir si, dans cet amas de matières combustibles, l'incendie ne se serait pas allumé tout de môme, quelque parti qu'on eût pris pour la répartition des mandats de députés.

Les éicclions.

\ Paris Z////V/ //»/ro,s', les élections de 1789 n'eurent pas, en ce qui concerne l'ordre ecclésiastique, le carar-

nos diITi'rontc»s sôancos. Il mv. suflit do diro que la confusion, rau»éo par l'iusubordinatioii, a ré);né dans nos asKombl(^es, mal^n* la prt'soncc du prôlat qui nous présidait. » Kt en cfTol l'élu avait élé un simple curé, l'abbé Massiru, connu pour sos idéot* avancées, qui sera un de» membres le» plu» renujantn du comité ec clésiastique, un dos rédacteur» de la constitution civile, et qui. après «Hre devenu l'évèque constitutionnel du département de l'Oise, sortira do l'Ejîlise, se mariera, se fera remarquer en î7cyi par ses fureur» jacf)bines et linlra dans Toubli déiinilif de toute? ses oblifiralions ecclésiastiques et môme cbrétiennes.

LES KLECTIONS 4 î

ibro d'iino ma ni Tes talion politique. Ce n'ost pas que le clerpé de Paris ne fût pas convaincu, en très grande majorité, de la nécessité des réformes ; il n'en manquait même pas qui voulaient que ces réformes fussent radicales et immédiates; mais ceux-là formaient un ^Toupe étroit, composé de personnalités de mince importance ; ce n'était pas même un groupe : c'étaient des isolés, suivant chacun une voie différente, n'ayant encore eu l'occasion do manifester leurs idées devant aucune assemblée, ou ne l'ayant fait (|ue rarement, et a\ec les réserves (|ue leur inspiraient et les dispositions de leur auditoire et la crainte d'une répression sévère. Les opposants, et il y en avait, n'avaien! pas pris conliirt entre eux, ipl. par suite de cet isolement, ils étaient réduits à l'impuissance.

La majorité du corps électoral h Paris, se composait de hauts personnages qui siégeaient souvent avec plusieurs voix, comme fondés de pouvoirs des communautés de femmes dont ils étaient les supérieurs ou les directeurs; — les vicaires généraux et les njembres de l'adminislration diocésaine; — les députés des chapitres;— les titulaires de gros bénéfices situés en province, mai.* qu'un emploi à la Cour ou une charge de judicature faisaient résider à Paris ^ Tous ces puissants dignitaires, largement pourvus, et par conséquent satisfaits, formaient dans l'assemblée un élément pondérateur, puissant par le nombre et par l'autorité que donnent les talents, l'expérience des affaires

I. \oir le ri'jfislre B^, ii3, conservi» aux Archixes Nationales et qui n»nl'erini» iim» grande partie des procès-verbaux de»8 asseinbléts préparatoires du clorj?** de Paris.

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et uno haute sitiialion sociale. Le parti des mécontents ne fut donc que faiblement représenté parmi les électeurs du second degré, et ses élus étaient fort gênés pour exprimer leurs griefs en présence de ceux que seules des circonstances exceptionnelles avaient fait leurs égaux, et seulement |X)ur le temps que dureraient les opérations préparatoires à l'élection. S'ils manifestèrent leurs opinions, ce fut surtout dans des brochures, dont nous aurons h reparler, parce qu'elles traduisent assez fidèlement l'état d'esprit d'une partie considérable des prêtres de Paris.

Il fallut attendre jusqu'au i5 avril pour commencer les opérations électorales de Paris. Un conflit d'attributions s'était élevé entre le prévôt des marchands. Le Pelletier de Morfontaine et le prévôt de Paris, marquis de Breton villiers, qui se disputaient le droit de lancer les assignations et d'inviter les corporations à choisir leurs délégués. On voit souvent de pareilles querelles d'étiquette ou de préséance mêler leur note ridicule aux scènes les plus tragiques. Dans cette lutte entre le ChAtelet et l'Hôtel de Ville, ce fut M. de Bretons illiers qui (init par avoir gain de cause, et c'est en son nom que les élections furent ordonnées*. Le prévôt des marchands donna sa démission et fut remplacé par J. de Flesselles, qui devait être massacré le 1 4 juillet 1789.

I. Le document qui mit à m>ant les pn'>lcntion« du Prôvôt des Marchands fui lrou>o dans les arcliivos de \otre-Dame ; cV>tait une délibération capitulaire du 10 décembre i^83. M. Tabbi' Meurel la reproduit dans son ouvrage : Le Chapitre de \otre-Dame en f790, p. lOi. — Voir aussi, à propos de ce conflit. Chassin. op. cit., I. lia. 333.

Los séances préparatoires s'échelonnent entre le i8 et le 32 avril * ; dans la soirée du 2 3. le lieutenant civil et le procureur du Roi se rendirent à l'archevêché pour inviter M. de Juigné à célébrer une messe solennelle du Saint-Esprit qui devait servir de préparation à l'assemblée générale des électeurs du premier degré 2.

A l'issue de la messe, une séance générale se tint dans la «jrande salle de Tarchevéché. et notons au passage cette particularité qui créera un grave précédent : pour tenir les réunions d'électeurs, il fallait de vastes salles et en irrand nombre ; le i8 avril, il s'était tenu simultanément ao assemblées primaires de la Noblesse et Go du Tiers-Etat : c'est au même moment que les membres (les chapitres, c/)llégiales et communautés paroissiales

I. A \rtlrr-Damp. le-Chapilro se réunit lo ii avril pour désigner lo cinq délcfpiés auxquels il avait droit. Ce furent M. de Bois- Ba^et, chantre, sur le refus de M. de Montajifu, doyen, qui s'était TvciiM* à cause de ses inflrmités; puis MM. Chevreuil, chancelier, Lucas, de Champigny et de Bonneval. Toutefois, avant de promlor au vote, le (Chapitre fit dresser acte par deux notaires de sa protestation contre la disposition du règlement du a4 jan\ier qui n'diiisait à cinq le nombre de ses élus, pendant que les chapelain* de la cathédrale, nommant un électeur pour vingt votants, M' trrtu\aient avoir seize mandataires h la Chambre ecclésiastique. Vjoulons rependant que huit autres chanoines furent du nombre i\os élecleurs, avec treize voix, comme mandataires de diverses communautés de femmes. Leur protestation ne fut pas accueillie, '^1 1rs pamphlétaires s'en emparèrent pour tourner leur requête •'Il ridicule. « La religion attaquée parce cpi'on fait peu d'attcnlîon à de* chanoines 1 O Molière ! O Boileau ! O poème du Lutrin ! Ni un curé est peu de chose en le mesurant à son territoire, qu'est-ce qu'un chanoine mesuré à sa stalle! » Bibl. ^at., L'**,

a. Voir la description de cette cérémonie dans l'abbc Meuret, op. rit., i85.

élisaient leurs délégués. Or, par un accord à peu près spontané, et non sans l'agrément de lautorité ecdésiastique, ce fut dans les églises paroissiales ou conventuelles que ces réunions eurent lieu, à l'exception de deux, tenues l'une au Châtelet et l'autre à la Bibliothèque du Roi^ Depuis lors, et comme par la force des choses, les édifices religieux furent considérés comme le lieu naturel où devaient se tenir les assemblées politiques ^. (le n'était ni la reconnaissance d'un droit, ni une concession gracieuse de la part du clergé ; tout le monde s'imaginait alors que de ces assemblées sortirait le remède h la crise dans laquelle le pa\s était engagé, et les prêtres, comme les autres, allaient avot^ un véritable enthousiasme prendre part aux délibérations qui préparaient, croyaient-ils, ra>ènement d'un régime d'ordre et de paix. C'était donc pour eux nn

1. Le 2 1 avril, le Tiers-Etat étant assemblé dans la nef de\otre- Danie, l'olTice fut célébré à Saint-ï)en!s-du-Pas. Le 29 a\ril. le Tiors-Elat se réunit à la salle capitulaire, et le Chapitre dut aller tenir son assemblée dans la Bibliothèque. Le district de la Cité choisit la cathédrale pour lieu ordinaire de ses réunions, et, pondant la nuit du i3 au li juillet, réjrlise était remplie d'hommes armés se préparant à défendre la (iité contre les 20.000 hommes qu'on disait entrés par le faubourj? Saint-Martin. Pendant ce temps, les chanoines chantaient l'onice.

2. Quand il avait élé question de désigner le lieu des assemblées éloclorales, M. Lenoir, commissaire au Châtelel, avait prévu l'objection et l'avait résolue en y joifrnant force pn'*cau tiens oraloires : « La sainlelé du lieu et le silence qu'on y doit obserxer. la gravité et l'imporlance du sujet de ces assemblées, auxquelles chacun s'empressera «le s<» rendre ; la dignité, le rang des |x»rsonnes les plus considérables qui s'y trouveront ; la présence des curés vl des corps de fabricpie, qui seront à la téU*, tout concourra à y maintenir l'ordre, la décence et la tranquillité. » On ne de\ail pas tarder h voir ce qu« >alaient ces patelines déclarations.

LES ÉLECTIONS t\b

honneur que de mellre à la disposition des citoyens leurs églises et leurs couvents. Il n'en demeura pas moins acquis dans l'esprit du grand nombre que la Nation, assemblée pour délibérer, était chez elle dans les édifices religieux. Le jour où la Constituante affirmera dans un texte législatif le droit éminent de la Nation sur les biens de l'Eglise, elle ne fera que traduire en acte un sentiment conforme à la pensée générale, ou qui, tout au moins, répondait à un état d'esprit qui était à peu près celui de tout le monde.

L'assemblée des électeurs de Paris s'ouvrit donc le l'i avril, au palais archiépiscopal ; il était grand liMups, puisque c'était pour le 5 mai que les Ktiils- (iénéraux étaient convo(|ués à Versailles. Il en résulta i\\iik la dalc fixée, les élections de Paris n'étaient pas lorrainées. Pour Paris extra muros, où les assemblées primaires avaient été convoquées le 4 avril et furent tenues du 16 au 20 avril, les élections ne furent achevées cpie le 12 mai. — Pour la ville, les opérations furent doses seulement le 33 mai. et c'est le lendemain, vingt jours après l'ouverture dos Elats-Généraux, que la députa tion de Paris prit séance.

Quels étaient les élus du clergé parisien? La liste en est composée d'ijne façon fort éclectique et montre le désir do donner à chaque fraction du clergé une part ])rojM^rtionnelle dans la représentation.

Le premier député fut rarchevèque de Paris luiniéme; il avail été nommé par acclamation dés le premier jcmr, en même temps qu'il était porté à la prési-

dencc de l'assseniblée électorale, mais, sur l'observation de l'abbé Bénière. curé de Chaillot, et membre du bureau, on crut plus régulier de proc^îderàun scrutin. Le 3o avril, le prélat obtint l'unanimiié, disent les uns, et, suivant d'autres, la totalité des voix, moins une dizaine d'opposants.

Fut ensuite choisi l'abbé de Montesquiou, qui remplissait depuis 1785, les fonctions d'agent général du clergé de France. Par ses talents administratifs, sa connaissance des hommes, sa parole habile, son sangfroid et son esprit, il devait jouer un rôle considérable dans les discussions parlementaires ^

Le troisième élu fut l'abbé Choreuil. chanoine de Notre-Dame, vicaire général et chancelier du Cha-

I. Monlesqiiîou-FezcMisac (Franrois-\avior-Marc-Anloîiic de), m' on 17J7 au chàlcau de Marsan, près Auch, passa en Antrlelerrc ajin/s le 10 août, mais rentra à Paris dès la fin de 179^1 et dc\inl l'un dos membres les plus acliTs de Tapence royaliste qui enlrelenail luir correspondance régrulière avec les émigrés. Un moment interné dans le Midi sous le Consulat, il ne sortit de Toubli 011 il s'était volontairement confiné que pour entrer, en 181 'i, dans le jçou%orvcmement provisoire, où il fut le représentant autorisé do Louis WlII. Le Roi le nomma Ministre de Tlntérieur en mai i8ii, et, dans ce |>oste important, il ne fit pas preuve d'un ^and esprit i>oHliquc ; confiné dans son intransigeance, il attacha son nom à plusieurs mesures qui ne contribuèrent pas méditK'rcment à rendre le gouvernement royal impopulaire et par suite à préparer le retour de l' « Usurpateur ». Après les Cenl-Jours. l'abbé de Montesquiou entra à la Chambre des Pairs, avec le titre et les émoluments de Ministre d'Etat. 11 mourut le 6 fé\rier i83-.» ; le mois d'avant, il avait doimé sa démission de pair, en alléguant l'état de sa santé, qui était en effet fort délabrée. 11 fut membre do l'Académie française ; n'ayant pas été élu par la Compagnie, mais nommé d'office par le Roi, après les épurations de i8i(». U b'absliutd'y prendre séance.

LES ÉLECT!0>S 4 7

pitre *. — Les corps capiliilaires furent également représentés par un autre chanoine de Notre-Dame, M. de Bonneval^ et par M. Legros, prévôt du chapitre de Saint-Louis du Louvre^; — les curés de Paris par MM. Gros, curé de Sainl-.\icolas-du-Chardonnet *, et

I. L'abbé ChcvreuU était lU- Quimper; nommé chanoine de Notn'-Damc en 1779 et Chancelier du Chapitre en 1780, il eut on 1783 un conflit suraigu avec l'Université de Paris, à propos de la collation des grades. Il était vicaire général, ofllcial diocésain et titulaire de l'abbaye de Langonnet en Bretagne. Le Dictionnaire des Parlementaires ne nous renseigne nullement sur ce qu'il devint par la suite, et je fais cette observation une fois pour toutes en reprenant que cette utile publication soit aussi incomplète en ce qui concerne les membres ecclésiastiques des assemblées de la Révolution.

a. ikinneval (Xvste-Louis-Gons tance Roux ou Ruffo de), d'Aix, était chanoine de Notre-Dame depuis i75y. En 1783,11 fut nommé à l'évéché de Scnez, mais n'accepta pas ; c'est son frère cadet (pii orcupail le siège de Senez en i78(). M. <le Honneval s'élail fait remarquer par la fougue toute méridionale avec laquelle il avait toujours défendu les droits du Chapitre et particulièrement pendant la période qui précéda les élections de 1789; c'est comme champion de la cause capitulaire qu'il fut nommé député, mais non sans peine, car il ne passa qu'au second tour de scrutin. 11 donna sa démission dès -qu'il vit perdue la causi; ([u'il défendait ; il émigra cl mourut à Vienne, en Autriche, le i" mars 1820.

3. Legros (Charles-François), né à Paris en 1711, professeur de rtniversité, administrateur du collège Louis-le-Grand, abbé de Saint-Acheul, chanoine de la Sainte-Chapelle, échangea en 1760 *<jn canonicat pour la prévôté de Saint-Louis-du-Louvre. Il mourut le 20 janvier 1790. Les biographes l'ont souvent confondu a>ec le <>uivant.

4. Gros (Joseph-Marie), né à Lyon en 17^1 3. était professeur au Collège de Navarre quand il fut appelé à gouverner la paroisse de Saint-\icolas-du-Chardonnet en 1785. 11 refusa le serment, et arn»té le 17 août 170^» il futincairéré à Saint-Firmin ; il y périt dans le'» massacres de septembre. Sa mémoire fut bientôt en vénération, et une pieuse fille fut condamnée à mort en 179^1 pour a>oirélé trouvée en |K>ssession d'oijets lui ayant appartenu et désigné;» pur

Veytard» curé de Sainl-Gervais ^ ; — losordrosrolifîioux par Dom (^hevreiix, général des Bénédictins de Salnl- Maur^ ; — l'Université par son recteur M. Dumouchel ** ;

une inscription comme « reliques de M. Gros, ancien curé de Saint-Nicolas ».

I. Veytard (François- Xavier), originaire du diocèse de Clermont. curé de Saint-Gervais en 178^1 ; il sembla d'abord favorable au mouvement révolutionnaire et fut l'un des premiers à «c réunir au Tiers-Etat; mais rapidement désillusionné, il donna sa démission dcdéptilé le 9 novembre 1789 ; le 5 janvier 1791,1! quitta la France pour n'a\oir pas à prêter le serment constitutionnel ; il mourut, croit-on, à Tournai, à la fin de l'année 179a.

T. Chevreux (Ambroise-Auj^usliii), né à Orléanseu 1728, Il avait fait profession en 17V» à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur et avait été ordonné à Blois en 1703 ; successivement prieur de Saint- Nicolas d'Angers (1763), de Saint- Vincent du Mans (1700), visiteur de la province de Toulouse (177a), de celle de Bretagne (177.'»), il fut élu général de la congrégation des Bénédictins de Sainl- Maur en 1783 et réélu en 1788. 11 résidait à Saint-Germain-dcs- Prés. Il avait refusé en 1791 de sortir de son couvent, et, quand celui-ci ei\t été évacué par ordre de la municipalité, il se retira à l'abbaye de Saint-Denis où étaient rassemblés les religieux de son ordre cpii avaient persisté dans leur intention île mener la vie commune. Arrêté le ^9 août 1792, il fut invit<* à prêter le serment; à ce prix, on lui offrait sa liberté; sur son refus, il fui conduit aux (larmes, où il fut massacré le a septembre, avec son neveu, moine comme lui.

3. Dumouchel (Jean- Baptiste), né à Saint-Clair-sur-Eptc en i7'i8. Il étnit professeur d'éloquence au collège de la Marche, quand il fut nommé, en 178O, recteur de rtniversité de Paris. 11 était tout acquis aux idées nouvelles et prêta le serment de 1791 ; deux mois après, il fut élu évêipie du déparlement du Gard. Il abdiqua ses fonctions en 1793 et se maria l'année suivante, en légitimant aux yeux de la loi un enfant de treize ans qu'avait eu la femme qu'il épousait. Devenu veuf, il se remaria. (Hiaptal, qui avait été son élève, le nomma en 1799 chef du bureau de rinstruction publique au Ministère de l'Intérieur. Mis à lu rcîlraile eu 181 i, il mourut en iS'o, sans s'être réconcilié avec l'Egli^ qu'il avait déshonorée.

LES ÉLECTIONS l\()

— le dernier élu fut l'abbé Porrotin do Jîarmond *, conseiller-clerc au Parlement de Paris.

Comme députés suppléants on nomma M. Cayla de la Garde, général des Lazaristes 2, M. Bérardier,grandniîiître du collège Louis-le-Grand 3, Dom Frennelet, bernardin*, l'abbé de Damas ^ et l'abbé Bénière, curé

I. Perrotin de Barmond, conseinor clore au Parlomont. fut compromis en août 1790 en essayant do faciliter l'évasion et l'cmi- ^ralion de Bonno-Savardin, officier compromis par son royalisme. Traduit à la barre de la (k)nstituanto, Tabbé de Barmond fut dccharjîé de Taccusation qui posait sur lui, mais devenu suspect et attaqué quotidiennement par les journaux, il crut prudent de quitter la France ; on ij^nore la date et le lieu de son décès. (Noir HerrA. de Paris, t. V, n"' 55 à Oo.)

î. Cayla de la Garde, no on 173'i, général dos La/arisles depuis i7'<^, entra à l'Assemblée après la démission do M. Veytard. Il quitta Paris apnVs le 10 août, passa en Flandre, puis à Manhcim, t'I enfin on i7«)'i à Rome où il mourut le la fé>rier 1800.

.1. Bérardier (Denis), né à Quimper en i7n), avait été principal du collèj^e de sa ville natale; il fut nommé on 1778 principal, et en 1787 tn'and-maltre du collèpre Louis-le-Grand, où il eut pour c'lè\es Camille Desmoulins et Maximilien Kobespierre. 11 entra à r\s«»ombloo comme rempla(,'ant do M. Lojrros. N'ayant pas prêté le serment, il fut incarcéré aux Carmos, d'où Camille Do^mouliiis le lit sortir avant les massacres. 11 continua son mini-lôro en secret et c'est lui qui a>ail béni le mariage de Camille Dosmoulins avec Lucile Duplessis. Pendant la Terreur, il fut de nouveau arrêté à Chatenay où il était caché. Robespierre le fit Ni)rtir des Carmes et consigner au collège Louis-Ic-Grand sous prélotte de rendre les comptes de sa gestion. 11 fut mis en liberté le 11 octobre i7»)'i et fut nommé principal do Louis-le-Grand, de\cnu roUège de l'Egalité ; il \i\ait encore en avril i7i)0.

/i. Frennelet (Jacques-François), moine de l'ordre de Cîleaux, était en 178g proviseur du collège des Bernardins et directeur des religieuses de l'abbaye de Penthemont, par lesquelles il avait été délégué à l'assemblée du clergé de Paris.

5. Damas d'Anligny (Charles de), abbé d'Herivaull, était désigné pour succéder en 1790 à l'abbé do Montes((uiou comme agent

OO LES KLECTIONS

do Chaillol K Ainsi, dans un mélange rquilablo se Irouvaiont représentés l'administration diocésaine, les chapitres, le clergé paroissial, les religieux, l'Université et le Parlement.

On a prétendu que ce ne fut pas sans quelques tiraillements qu'on arriva à concilier tant d'intérêts diiïérenls et rivaux, et qu'il fallut passer par quelques dissonnances pour arriver à l'harmonie de l'accord parfait. Il y eut des discussions assez vives et même (juelques intrigues, comme dans toute bataille électorale. L'I'niversité, mal consolée de la mesure qui la privait d'une représentation indépendante, réclama (pi'un au moins des siens figurât dans la députation de Paris. Le recteur Dumoucliel ne fut élu, dit-on. que grâce à une alliance des universitaires et d'une partie du clergé paroissial. M. Poupart, curé de Sainl- Eustache, qui était le candidat de l'archevêque, fut écarté par la gauche de l'assemblée parce qu'il était le confesseur du Hoi. et l'Université ne consentit à \()ter pour un curé qu'à la condition qu'on prendrait M. Gros, de Saint-\icolas-du-Chardonnpt. universitaire par la situation de sa paroisse et aussi comme ancien professeur de l'Université. Kn tout ciis, si nous admettons (ju'il y avait alors des partis, et c'est très probable.

jrt'iHTal du clorpr tlo Franro. Ï1 no sii'jroa pas h l'Assomblrr, riniirra on Aiijflelcrrr, où il moi i ru t.

!. liénièro(Jac(iiies-Micliei), m* eu Normamlie on 1737. riait cun'' do CItaillot (lopuis i7('»ô; il fut ^afi^né par lc»s idées rc'volulionnairos dout il ne > oyait <iuo le coU» philanthropique, et prî^la In serment; il n'en fut pas moins arrêté en 1793 el fruinotiné le 13 messidor an II (m juillet f/\)'i).

nous devons reconnaître que ces partis n'avaient pas encore pris conscience de leurs opinions définitives. liO parti avancé repousse M. Poupart, qui devait être un des piliers de l'Eglise constitutionnelle, et le remplace par M. Gros, un fuUir martyr de septembre ; tout le monde s'accorde pour élire M. Dumouchel. qui devait être évêque constitutionnel du déparlement du Gard et même un des pires parmi les mauvais.

lies indiscrétions qui ont été faites sur l'assemblée éiectoraie se trouvent dans un certain nombre de brochures dont la plus curieuse est intitulée : Relation sommaire de ce qui s'est passé dans l'assemblée du clergé de Paris in Ira miiros ^

L'auteur ne se nomme pas, mais on a de bonnes raisons de croire que c'était un prêtre habitué de Saint- I.<»uis-en-rile, qui s'appelait Pierre Brugiére. Originaire de l'Auvergne, cet abbé avait été d'abord aumônier des Lrsulines de Thiers. 11 était grand janséniste, et révêque de Clermont, M. de la Garlaye, la terreur des appelants, l'avait chassé de son diocèse. M. Brugière vint donc à Paris en 1768, et fut reçu à la communauté de Saint-Roch. C'était un prêtre instruit, d'une érudition un peu massive, mais profonde; il parlait bien, et les nombreux ouvrages que nous avons de lui nous montrent qu'il maniait la plume, sinon avec i'Iégance, au moins avec vigueur. A Paris, il se signala encore comme adversaire de la Bulle [ nigenifus et l'archevêque Christophe de Beau mont lui retira tous

I. Cr pamphlet introuvable a et/» réimprimo par M. Aulard, <lan« «la Ro\iio: fM Kévolulinn française, on iSt)'i. p. r>7 ^ 87.

O'i I.ES KLKCTIO>{S

SCS pouvoirs. M de Jiiigné les lui rend il quand i devint archevêque de Paris, mais fut bientôt amené i les lui enlever à son lour. Recueilli par le curé ih Sainl-Louis-en-l'lle, M. Brugiere végétait dans une situa tion suliallernc, aigri par ses disgrâces, et conservant malgré ses soixante ans, l'énergie tenace de sa raco pour harceler ceux (prit rendait responsables de so; malheurs. Son portrait est placé en léte d'un de so; ouvrages : c'est une physionomie tourmentée ; le mcn ton est carré, le front tout en creux et en bosses. 1< regard dur, souligné par un léger strabisme ; on y li rentctement. le mépris pour tout ce qui est senti mentalité, et cependant, au coin de ses h^'vres charnues \\\i pli moqueur se dessine, cx)mme pour mms rappelé que M. Brugiere fut un polémiste sans pitié pour se contradicteurs.

Je n'aurais pas insisté sur la personnalité hypothé tique d'un pamphlétaire, si M. Brugiere ne se trou>ai être le futur curé constitutionnel de Saint-Paul, qii luttera jusqu'à son dernier soupir pour la cause don il fut l'un des protagonistes, et qui. après le Concoi dat, persistera dans une inutile résistance, qui ne deva se terminer qu'avec sa vie.

L'auteur de la Relation sommaire prétend (jue h élections n'ont pas été libres : l'assemblée était t(»u à la dévotion de rarche>éque, et celui-ci a abusé de situation pour imposer despoliquement aux électeu les candidats de son choix. Aussi aucun des éh n'échappe à la critique acerbe de cet esprit chagrii Seul l'échec de M. Poupart le consolerait, mais le re leur de l'Université qu'on lui a substitué représente!

routines d'un établissement qui n'est plus capable de rendre les services qu'on serait en droit d'attendre de lui, et à l'appui de son dire, il nous donne sur les proct'dés vieillots d'enseignement en honneur sur la Monla^rne-Sainte-Gcneviève des aperçus qui, s'ils manquent de bienveillance, ne sont pas absolument dépourvus (le fondement.

Les cahiers,

La désignation des a5 membres chargés de rédiger le cahier des doléances ne satisfait pas non plus le crilicpie : elle était cependant composée d'après les principes du dosage proportioimel, dont nous avons déjà runslaté la judicieuse mise en pratique. Celte commission comptait deux membres de l'administration diocésaine, un chanoine de Notre-Dame et un chanoine de Saint-Honoré ; sept curés, un premier vicaire et un simple prêtre deSaint-Koch, l'abbé Fauchet, dont nous aurons h reparler ; deux universitaires ; un conseiller et un avocat au Parlement ; Irois bénéficiers et cinq religieux, les supérieurs des Bénédictins, des Ghar- Ireux, des Mathurins, des Lazaristes et des Génovéfains.

liC cahier de doléances rédigé par cette commission esl en général conçu en termes vagues^; il sort rarenienl des lieux communs. 11 traduit les préoccupations qui étaient alors présentes à l'esprit de tous les Fran-

I. \a^ cahier du clergé de Paris est reproduit par CJiassin {op. 'it.. ni, p. Soi-S-ii), cl aussi dans les Arcliixes Parlementaires.

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çais : réforme des finances par une réparlîlion moins inégale des charges ; — piiblicilé de la comptabililé de TElat, ce (|ui implique un droit de contrôle, qui n'est pas nettement indiqué, mais sous-entendu ; — dans l'ordre judiciaire, abolition des lettres de cachet, sijnplification de la procédure, rendue moins lente et moins coûteuse ; il n'est rien dit de la refonte de la législation. — Réforme de l'instruction publique. — Mesures légales à prendre pour faire observer les lois de l'Eglise, maintien de l'interdiction du travail du dimanche et des jours de fête, sauf à réduire le nombre de ceux-ci. — Poursuites contre les écrits licencieux et immoraux ; surveillance des théâtres, renouvellement des lois contre le duel. — Enfin réserves à l'endroit de ledit de 1787, publié cependant avec l'assentiment de l'archevêque, au sujet de l'état-civil des protestants.

Comme remède aux diflicultés financières, le clergé de Paris propose de concourir, dans la juste proportion de ses revenus, aux charges pubhques, mais, en même temps, il demande que la situation des prêtres employés dans les paroisses soit améliorée ; que le minimum garanti soit de i.aoo livres, chiffre rarement atteint, et considéré cependant comme représentant le strict nécessaire. Afin de pourvoir aux dépenses créées par cette augmentation, il demande la suppression de la manse abbatiale de Saint-Germain-des-Prés. Cette abbaye, qui n'avait pas de titulaire en 1789, était momentanément gérée par la Caisse des économats; elle était d'un revenu de a3o.ooo livres, toutes charges déduites ; aui)ara\ant elle était attribuée fi des évéques. auxquels elle apportait un supplément notable de

revenus. Une telle proposition était un coup droit dirigé contre la détestable institution de la conimende, mais elle portait beaucoup plus loin qu'elle n'en avait l'air, l ne fois admis qu'il fallait faire profiter l'ensemble du clergé des gros revenus d'une abbaye lK)ssédée par un prélat de cour, il devenait dillicile de prétendre que les autres abbayes et prieurés tenus en comniende étaient attribués dans des conditions plus légitimes, et il fallait en dépouiller tous ceux quien jouissaient. On devait en arriver là par la suite, mais, en 1781), on n'entrevoyait pas encore la possibilité (\o celle vaste expropriation ; elle devait se faire plus tard, et être sui\icde bien d'autres.

On pourrait penser que le pamphlétaire déjà cité applaudirait à celte motion; n'était-ce pas un premier assaut donné aux privilèges dont il était l'ennemi? 11 n'en est rien cependant, et, poussé par ses rancunes, il attaque cette proposition et entreprend d'en déduire des conséquences autrement inquiétanles. « On recont< naît enfin, dit-il, que les prêtres employés au w ministère paroissial sont dans l'indigence ; on « s'occupe d'améliorer leur sort misérable ; mais c'est (( une étrange charité que celle que l'on fait avec « l'argent des autres. Il faudra, d'après les calculs « de M. Motret, promoteur du diocèse, une somme « annuelle de 800.000 li\ res pour assurer l'existence o des ouvriers évangéliques : sans aller jusqu'à Saint- « Gerniain-des-Prés, on peut facilement se procure r.la « somme en réduisant d'^jutant les revenus exorbio tants des gros dignitaires de l'Eglise de Paris, w M. r Vrchcvéque se contentera de 1 00.000 livres.

5G LES CVIIIEHS

« MM. los curés s'en parl.agoronl ooo.ooo. ce qui don no « à chacun d'eux 9.7^9 li\ros. Puisque, dans son Pas- « loraU M. rArche\ê(jue se prétond le curé universel (( de tout son diocèse, el qu'il ne peut remplir liii- (( même ses obliga lions, n'esl-ce pas à lui de payer « ceux qui les acquitlenl? 11 faudrait renoncer aux « principes les plus élémentaires de l'équité naturelle « pour équivoqucr sur une obligation aussi impor- « tante. »

(( Que Monseigneur et Messieurs fassent une somme « commune de leurs revenus; que la répartition soit (( proportionnelle aux besoins réels de chacun d'eux. « Si, après cet acte de justice, les revenus ne suffisent « pas, la sagesse du Roi et de la Nation sauront eftica- « cément pourvoir à leur subsistance. Mais, jusque-là (( Monseigneur et Messieurs auront mauvaise grâce à « demander des secours... En donnant i.qoo livres ({ aux 5oo prêtres nécessaires pour le ministère des « paroisses, Monseigneur mangera encore comme « H'^ travailleurs, MM. les Curés comme huit. »

L'auteur de la IMalion oubliait, en attaquant ainsi rarche\éque de Paris, ou bien il feignait de l'oublier, qu'une des charges des évéques et des curés est le soulagement des pauvres. Personne n'ignorait que M. de Juigné vivait avec la plus grande simplicité, et que, non seulement il faisait aux malheureux des aumônes qui absorbaient la plus large part de ses revenus, mais que, dans certaines années difficiles, il s'était endetté, afin de pouvoir donner sans compter. Les curés de Paris ne méritaient pas plus les reproches des envieux : s'ils \i\ aient « honnêtement » et conf(»r-

ménienl à la dignité de leur étal, ils n'oubliaient pas les pauvres, pas plus que les pauvres ne les oubliaient. 11 n'en est pas moins vrai que ces imputations haineuses présentées sous les apparences spécieuses d'une commisération de circonstance, devaient produire leureflet, et contribuer plus tard au déchaînement des colères populaires.

Plus explicite que le cahier du clergé, celui du Tiers- État de Paris proposait nettement la refonte de l'organisation ecclésiastique ^. On a dit que la constitution civile était déjà rédigée dans ce cahier. Oui, sauf en ce c|ui concerne la négation du pouvoir du Pape au sujet (le l'institution à donner aux évêques, et ce fut là le seul point, conmie nous le verrons, sur lequel aucun accord n'était possible. A part ccta, on peut ajouter que le Gallicanisme s'effrayait de l'autorité de la Cour de Rome ; il demandait, par mesure fiscale, la suppression de tout envoi de fonds à litre d'annates, provisions et dispenses, mais c'était un expédient financier et non une rupture avec la source de juridiction, que personne encore n'avait la prétention de mettre en cause.

Ce (jue le Tiers réclamait impérieusement, c'était la meilleure répartition des dignités ecclésiastiques ; il demandait qu'on tînt compte du mérite et non de la naissance et de la faveur. 11 n'estque trop certain qu'une caste étroite avait fini par accaparer les é>échés et les gros bénéfices ; il fallait être noble pour être évéque ; bien plus, il fallait être d'une certaine noblesse. L'abbé

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