‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 76 sur 364 · VIOLENCES EXEHCEES CO>TRE LES FIDELES · texte numérisé non relu

VIOLENCES EXEHCEES CO>TRE LES FIDELES

arrachèrent l'écriloaii apposé du consentement du Directoire, et y substituèrent une poignée de verges avec une inscription portant : Avis aujc dévoies : médecine purgative distribuée gratis. Bailly se rendit, en sa qualité de maire, aux Théalins, l'ignominieux écrileau fut enlevé par des soldats, mais les agitateurs le replacèrent en y ajout<ant ces mots : Oté par ordre de M. Bailly et replacé par celui des citoyens ^ .

Le lendemain, lundi saint, le roi essaya de quitter les Tuileries, pour aller passer h Saint-Gloud les fêtes de Pâques-; il comptait éluder ainsi l'obligation de communier de la main de l'abbé Corpet, curé constitutionnel de Saint-Germain-l'Auxerrois. Une indiscrétion fit cx)nnaître son projet, et le club des Cordeliers s'y opposa; il y eut une véritable émeute : le tocsin fut sonné à Saint-Roch, et la foule s'amassa autour du château : le départ fut contremandé. et le jour de Pâques, le roi et la reine entendaient la messe à leur paroisse'*. C'est au milieu de ce tumulte que les évène

1. Moniifur du si avril i7()i. — Au lard, op. cit,, 7 ''-7 7- — tUsioire des ih)hiomcnts arrivés sur Ui paroisse Saint-Sutpicc, princifHtlrmcnt à l'occasion du serment eeclihsitistitiur. Paris, 179'î. nîbl. Naî.,

a. Ht^volutions de Paris, n' V>.

3, Après de loiisi»^^^ hôsi talions, dont toninifriiont sa loUro k IV'vêquc do Clermonl ol la réponso de ce prélat (publiées loulou deux dans lo recueil : Procès de Louis XVL VII, p. 9^). Louis \ M avait fait ses Pâques le dimanche des Rameaux, des mains de sou aumdnier, dans la chapelle des Tuileries.

Celte chapelle clail parliculièrcmenl suspecte aux révolulion naires, car elle était dessenie par des prêtres nobles et insermentés : il faillit y avoir une émeute parce qu'oit y avait chanté un motet sur les paroles du prophète Habacuc (8, 3) heus ab

Ql I KRÉQl E^TE^T LES CHAPELLE? 'i^'S

monls dos Théalins furent discutés à l'Assemblée; la majorité ne pouvait se solidariser avec les auteurs des hideuses violences de la veille, mais elle craignait, en se prononçant trop nettement, de discréditer l'église (onslitulionnelle. On entendit un discours de Treilhard, qui, traduisant l'état d'esprit de l'Assemblée, commença par proclamer la liberté de conscience comme nécessaire, comme déjà décrétée, puis il arriva a cette conclusion imprévue : « Je ne veux pas voir deux cultes là où il n'en existe qu'un » et il approuva presque les manifeslanls, en qui il voyait les « défenseurs de l'Unité de l'Eglise * ». Maury le combattit avec sa fougue ordinaire, et n'arriva qu'à se faire enlever la parole *. On renvoya la proposition d'ajourner l'exéculion de l'arrêtt' du Directoire à une commission qui chargea Talleyrand du rapport. Le 7 mai, le rapport fut présenté, et Talleyrand, mauvais évéque, mais politique

Auslro i^enit't ; c'était un appel à rinlorvention armée de rVulrichr I

la famille royale fut dos lors prisoniiirro aux Tiiilorios : Madame Royale s*étant mise à la fondlre, fut prossièromnit apostrophée par un canonnier qui lui criait : « Que j'aurais de plaisir « à >oir ta idU*. au bout de ma hayonnette ! » (llistnire du clergé, iS-ai). — Le 20 décembre 1790, Prudhomme termine une diatribe contre Marie Antoinette par ces menaces : « Vu premier coup de « canon que voire frère fera tirer contre les patriotes français, •« \otre tête lui sera envoyée. » L'année suivante les violences ne ^^ardaicnt plus aucune mesure : lors de l'inauguration de la guillotine, le 25 a\ril 1792, Prudhomme proposait d'y placer les vers de Malherl>e :

Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois,

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