‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 89 sur 364 · CONTRE LE CLERGÉ INSERMENTÉ · texte numérisé non relu

CONTRE LE CLERGÉ INSERMENTÉ

En avril 1792, alors que la guerre venait d'elre déclarée à T Au triche, il sembla que le moment était Ncnu de renouveler et d'aggraver les dispositions prises contre ceux qu'on affectait d'appeler « les ennemis de l'intérieur ». Rolland, devenu ministre de l'Intérieur, i't exerçant par intérim les fonctions de ministre de la Justice, prit l'initiative d'un nouveau dtîcret contre les insermentés. Dans le style ampoulé qui était alors à la mode, il les dénonce aux vengeances des patriotes et ratilie les mesures prises illégalement contre eux* :, " Que peut la tolérance religieuse contre l'ambition, " l'orgueil et l'avarice des prêtres? Libres de tout frein, ' ils grossissent leur parti des ignorants et des faibles *• qu'ils effraient et de ceux dont ils ont surpris la <• bonne foi par des manœuvres et des sophismes : la " honte et l'infamie attendent tout dépositaire de l'au- " lorité qui, froidement assis sur la borne posée par " une loi imprévoyante, refuserait de s'élancer au delà " jK)ur prévenir ou empêcher le meurtre qu'un jour, " (ju'une heure, qu'un moment peuvent amener. »

L'Assemblée saisie d'une proposition destinée à compléter la loi de novembre, entama une discussion où les orateurs essayèrent de renchérir sur les atroces accusations lancées, l'année précédente, et la palme de l'odieux et du ridicule semble revenir cette foie à Fran- 'His, de Nantes, qui demanda la déportation des inserniontés. Pour dire que les] discussions religieuses ont piirfois troublé la paix des familles, il s'écrie : « J'ai ' Ml, dans les campagnes, les flambeaux de l'hyménée

». Moniteur f 1 G avril i-\yi-

364 PREMIÈRE LOI DE PROSCR!PTIO?f

« ne jeter plus qu'une lueur pâle et sombre, ou chan-

(( gés en torches de furies ; le squelette hideux de la

« superstition s'asseoir jusque dans la couche nuptiale.

« se placer entre la Nature et les époux, et arrêter le

u plus impérieux des penchants. Partez, artisans de la

« discordé I Le sol de la liberté est fatigué de vous

« porter ! Laissez-nous jouir en paix chez nous des

« douceurs de la société et des sentiments de la Nature.

« Partez ! Kh quoi ! S'est-il donc éteint tout à coup ce

« beau zèle, qui vous emporta tant de fois aux extré-

« mités du monde, pour y propager vos erreurs turbu-

(1 lentes ! Ne vous vit-on pas autrefois, sur les rives du

(( Jenicea, ou des Amazones, depuis les contrées froides

« où le Groenlandais vivait heureux, avant de vous

« connaître, jusqu'à la zone brûlante où, avides d'or et

(( de sang, vous portâtes au paisible Péruvien les vires

« de l'Europe et les poisons de l'Italie! Il est aise de

« suivre les traces de votre passage sur le Globe : elles

« sont toutes marquées par des niisseaux de sang î

« Dis-moi. Pontife de Home, quels sentiments t*agite-

« ront, lorsfpie tu reverras tes dignes et fidèles coopé-

« rateurs ? Je vois tes doigts sacrés préparer aussi toi

« tes foudres pontificales, qui n'auront pas même le

(( triste succès d'une >ainc et stérile explosion... mais

a tes traits impuissants viendront s'émousser contre

« le bouclier de la Liberté, placé sur le sommet des

« Alpes M »

La Liberté! C'était une ironie que de la nommer. L'article premier de la loi du 37 mai 1791 déclarait que

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