‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 91 sur 364 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

L\ JOLRNÉE DU lO AOUT. — LE SERMENT DE LIBERTÉ- ÉGALÎTÉ.

Abolition de la royauté. — Serment de liberté-égalité.

AbolUion de la royauté.

C'est le 'i'x septembre 1793 que la République fut proclamée à Paris; mais depuis le 10 août il n'y avait plus de monarchie. Les événements qui marquèrent celle sanglante journée ne sont eux-mêmes que Taboulissement de plusieurs crises, qui, en se développant comme dans un mouvement concentrique, allaient concourir au renversement du tronc.

Cirise politique : la guerre déclarée à l'étranger. Le 38 août le manifeste du duc de Brunswick, généralissime des alliés; or, dans les rangs de l'armée d'invasion, il y avait des émigrés conduits par des princes de la famille royale. Louis XVI avait à porter les conséquences de cette agression — qu'il le voulût ou non, il était rendu solidaire des soldats de Coudé ^

1. Depuis l'aventure de V'arcnnos, les journaux avancés attaquaient avec une fureur sauvage la personne du roi aussi bien que le principe de la monarchie : lu fatal dénouement paraissait

ABOLITION DE LA ROYAL TÉ aOy

Crise constitutionnelle : On avait dit an Tîers-Ktat qu'il devait être quelque chose, et le quatrième état >enait à son tour réclamer sa part. Le droit électoral n'avait été concédé que parcimonieusement par la Constitution de 1791, et. à vrai dire, c'était un régime censitaire assez exclusif qui avait été organisé*. Les masses populaires supportaient avec irritation celte loi qui les excluait de la conduite des afFaires, alors qne les agitateurs avaient su les exploiter chaque fois qu'il y avait eu une pression à exercer sur l'opinion, ce n'étaient pas les bourgeois qui auraient pu imposer aux assemblées des votes décisifs pour la marche de la iié\()lulion. On voulait l'extension de l'élcctorat, la démocratisation des institutions publiques et la Républicpie paraissait le régime propre à donner satisfaction aux demandes que le peuple regardait comme indispensables. Les sections, armées par l'imprudence tlf*s municipalités, s'agitaient, pétitionnaient, menaçaient, et entendaient être écoutées dans leurs sommalions.

(Irise éct)iioniique : le discrédit des assignats avait ooinniencé le jour où les financiers avaient compris 1 inipossibilité de réaliser sans d'énormes perles le î:a«/e qui les garantissait. Les biens d'église elles biens d'émigrés ressemblaient un peu aux richesses que Law

tie plus en plus iiié>itabTe. Quant à la complicité de Louis \VI avec les princes émigrés, il suftU de connaître Ifs écrits publiés par le parti de Coblrntz pour se faire une opinion : le pauvre roi «lait traité d'incapable quand il n'était pas accuse de complicité aN»*c la Révolution.

r. Aiilard, Histoire politique de la Révolution. Paris, lyoa. Go, î^.), 160,

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