LES COL VENTS
(ol de boauroiip), aussi bien que les religieuses les plus pauvres appartenaient à la famille franciscaine. Le re\enu annuel du couvent de ÏAve Maria était de I (So livres par sœur ; et chacune des clarisses de Longchanip disposait de plus de S.ooo livres ; ce qui en ferait G à 7.000 de notre temps.
C'est au x\ir siècle et plus particulièrement sous le règne de Louis XIII que se sont multipliés les couvents parisiens. 11 ne serait pas dilïicile de déterminer les causes d'ordre historique et religieux de cette floraison monastique ; contentons-nous de constater le fait, que rendra plus tangible le tableau (Appendice 1) dans lequel j'ai essayé de grouper par ordre chronologique les maisons religieuses d'hommes et de femmes. Les dates des premières fondations sont, il est vrai, bien incertaines, car les df)cuments authentiques sont peu nombreux et peu explicites. De plus, tel monastère a été occupé successivement par plusieurs familles religieuses ; telle abbaye a vu se succéder les observaiices les plus diverses : les Yictorins de 1790 n'étaient qtie les héritiers fori indirects des traditions de science et de sainteté des grands moines du xiir siècle, et les chanoines venus du Yal des Ecoliers sur la montagne Sainte-Geneviève n'étaient que les continuateurs accidentels d'une œuvre qu'ils avaient su adapter à leur vocation mais non sans lui faire perdre quelque chose de sa forme première. En consultant le second tableau (Appendice II) que j'ai dressé des maisons religieuses groupées d'après l'ordre topographique, on se rendra compte de la manière dont s'est opérée la diffusion des couvents parisiens* Fondés d'abord au centre de la
LES COIVENTS 'i i
\\\h\ ils commenccMl à la lin du \m siècle à so ivj3andre dans le \oisina*i:e du chàlcau du LouAre. Los Capucins, les Feuillants, les Dominicains construisent rue Sainl-Honoré leurs immenses maisons ; les Haudiiettes de la rue Saint-Denis se transporteront bientôt dans le même quartier où se fonderont aussi les deux monastères des Capucines et des Franciscaines de la Conception ; plus tard, du quartier de l'Arsenal et de la paroisse Saint-Paul, les fondations débordent sur le faubourg Saint-Antoine où la Révolution trouva une douzaine de couvents de femmes. Mais ce fut surtout le faubourg Saint-Germain qui, vers la fm du xvii^ siècle, offrit ses vastes espaces inbabités pour l'acquisition de grands terrains, au milieu desquels se bâtissaient de nouveaux couvents.
Quelle fut la destinée de toutes ces fondations?
Aucune n'a traversé la période révolutionnaire sans quelque grave préjudice ; beaucoup ont disparu, soit qu'elles aient été démolies et remplacées par des rues ou par des places, soit qu'elles aient été affectées à quelque destination nouvelle que n'avaient pas prévue les fondateurs. Dans les églises et les couvents on a placé des bôpitaux, des casernes, des prisons, des manufactures. On a joué des comédies et des drames dans des sanctuaires j)rofanés et l'abside d'une chapelle a permis à un limonadier de baptiser son établissement (( Café de la Rotonde ». J'ai essayé dans le mémo tableau de déterminer la destinée actuelle des anciens couvents de Paris (Appendice 11) ou tout au moins d'indiquer leur ancien emplacement.
La lecture de ces notes fera voir ccnubien peu de ces
établisscmonls oui survécu ; ce que la fureur révolulionnaire avait épargné a disparu plus tard dans des opérations de viabilité conduites par des hommes auxquels le sentiment religieux était aussi étranger que celui de l'esthétique. Il ne restait plus grand'chose à faire quand fut exécutée la loi de spoliation ^.
î.e clergé.
Maintenant que nous avons pds une connaissance sommaire des édifices religieux de Paris, il nous reste à aborder l'étude du personnel ecclésiastique: il nous faut chercher quelle était la composition du clergé, son recrutement, ses conditions d'existence, en un mot nous aurons à prendre contact avec ces prêtres dont nous aurons à suivre l'histoire au cours de la Révolution.
Pour ce qui concerne le clergé régulier, nous sommes exactement renseignés par des documents autlientiques 2. Vers le milieu de 1790, il y avait à Paris
I. Ail cours des années 1906, 1907 et 1908, nous avons vu disparaître l'établissement des Dominicaines de la Croix, rue de Charonne, l'Abbaye-aux-Bois, la maison de Saint-Thomas-de-Yilleneuve et l'ancien monastère de la Visitation, rue Saint-Jacques, occupé par les Dames de Saint-Michel. La démolition du Carmel de la rue Denfert-Rochereau a commencé, et une rue est déjà percée au milieu du jardin des rcliorieuses. Je ne parle ici que des couvents remontant au xviii* siècle, et la liste serait trop lono^ue si je devais > ajouter les édifices modernes qui ont disparu depuis quelques années, et ceux qui ont perdu leur destination religieuse.
1. Le plus connu et le plus souvent utilisé de ces documents est aux Archives Nationales (Q.2, 117); les papiers du Comité ecclésiastique de la Constituante (D. XIX) et les déclarations faites
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921 religieux, appartenant à 21 familles religieuses, répartis entre 38 couvents '. Sur ces 921 religieux, 696 étaient prêtres; il y avait 74 clercs ou étudiants et i5i frères convers. Les plus riches étaient les Bénédictins, les Mathurins et les Minimes; les plus nombreux et les plus zélés étaient les Capucins, qui, en trois maisons, réunissaient 109 Pères et Frères.
Dans ce compte n'entrent pas les membres des con-
entre janvier et mars 1790 (Série S), de renseignements intéressants qui qui viennent d'autres sources.