Ho SERAIENT DE LTHEUTÉ-Ér. ALITÉ
« sur des raisons et des autorités respectables. On peut {( se Iromper sans être coupable. »
(( Vous ne savez pas qu'on fait périr chaque jour des (( hommes uniquement pour avoir témoigné qu'un roi (( nous conviendrait mieux qu'un gouvernement répu- « blicain ; que les prisons regorgent de prêtres incar- « cérés pour avoir dit la messe dans des maisons parli- (( culières, ou pour des faits encore moins graves? Vous (( ne faites donc pas attention que, dans un point d'une (( si grande conséquence pour l'ordre ecclésiastique et (( la Religion, je ne dois rieu faire précipitamment, et (( sans avoir pris le conseil de personnes sages qui sont (( sur les lieux? Tout cela est si évident, que, si vous (( étiez ici, vous ne penseriez pas autrement^. ))
Cette discussion reviendra en 1795, à propos d'un serment analogue, mais sans qu'aucune raison nouvelle fût présentée. Les deux partis étaient alors bien délinis : d'une part, le clergé émigré, qui jugeait que la lidélité due au roi faisait un devoir de se refuser à tout acte qui paraîtrait unç adhésion au régime issu de la Révolution ; de l'autre côté les prêtres qui pensaient que la Religion est indépendante des formes de gouvernement civil, et qui ne pouvaient se résoudre à sacrifier à leurs préférences politiques les âmes dont ils avaient la garde et dont ils répondaient devant Dieu.
A Paris, il se trouva parmi les non-émigrés quelques prêtres qui partageaient les croyances des émigrés, mais ils se condamnaient à une inaction absolue, ou,
I. Lettre do M. Emery à M. Giravid, ai août 1793. (lie de M. Emcry^ I, Ha/i-.SSo), — Lettre à l'abbé de Tournely, 20 août, Arch. Xal., W^ x8i : citée par Méric, op. cit., ■ii'^-in'i.
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s'ils cssayaiciil de faire quelque niinislère, c'était an milieu de tant de diiïicullés que les résultats en étaient à peu près nuls. En outre, il fallait tenir compte des dangers dont ils auraient fait bon marché, en ce qui les concernait, mais qui menaçaient toutes les personnes qui eussent recouru à eux. Nous voyons quelques-uns de ces u émigrés à l'intérieur » se confinant dans une profession séculière : M. de Coriolis, ancien conseillerclerc au Parlement d'Aix, et qui deviendra chanoine de Notre-Dame, s'était fait homme de loi, et avait un cabinet important rue Feydeau '; M. Pichot, vicaire de Saint-Sulpice, était écrivain public près de l'Arsenal, sous le nom de Delsol^, mais ils avaient du rompre tout commerce avec leurs confrères qui avaient prêté le serment de Liberté-Egalité, n'avaient aucun rapport avec les fidèles et ne disaient même plus la messe. Nous verrons au contraire commeilt ceux qui s'étaient mis en règle avec le serment, savaient se mouvoir dans les étroites limites de la liberté légale, et continuer leur dangereux, mais fructueux ministère.
La question du serment de Liberté-Egalité nous a entraînés un peu loin, mais il était nécessaire de l'examiner attentivement, ne serait-ce que pour répondre aux accusations que jettent contre le clergé insermcTité les partisans des constitutionnels et les défenseurs des Jacobins 3. Quoi qu'on ait pu dire il n'y eut jamais de
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