‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 18 sur 146 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

A\TOl>'E-ÉLÉONORE DE JLlGiNÉ, ARCHEVEQUE DE PARIS ^

M. de Juigné, évèciue de Chalons (170'!- 1782. — M. de Jviigné est nommé à Paris. — M. de Juigné et les Etats Généraux. — M. de Juigné à l'Assemblée. — Le i/i Juillet. — La nuit du '1 Août. — Journées d'Octobre. — M. de Juigné émigré. — Démission de M. de Juigné.

L'archevêque de Paris élail, en 1789, Mgr Antoiiie- Eléonore-Léon Leclerc de Juigné 2. Nommé par le roi le 33 décembre 1781, onze jours seulement après la moit de Christophe de Beaumont, il avait été préconisé par le Pape le 23 février 1782, et avait pris possessioïi le 20 mars. Etant né à Paris le 2 novembre 1728, il avait par conséquent 54 ans.

Son père, le marquis de Juigné, avait été tué en 173/1, à la bataille de (Juasialla ; le jeune orphelin, des-

1. Sous l'ancien Régime, on disait « Monseigneur », quand on parlait aux évèques, et « Monsieur », quand on parlait d'eux. Je me suis conformé, à cet usage, pour mettre mon texte d'accord avec les documents (jue j'aurai l'occasion de citer.

2. L'abbé Lambert, Vie de Mijr de Jn'ujné. Paris 1821. — Fisquet, l.n France Ponlijicale. Paris, t. I, ôo/i-.'jiH. — Vicomte d'Avenel, Ij'h t''vè<iues et arrkei}êques de Paris, t. II, 1^9-5 '1 (cet ouvrage ne doit être consulté qu'avec précatition). — R. P. Jean, S. J., Les évêques et arclieiK-tiiies de France de 1082 à 1801, Sao et 28G.

^^, A^TOTNE-KLEONORE DE jrTr,\E, ARCHEVEQUE DE PARTS

linc conimo cadet à l'étal ecclésiastique, avait l'ait ses études dans la j^'ciisc maison de Saint-Mcolas-du- Chardonnet, puis au collège de Navarre, dont il était docteur.

A peine ordonné prêtre, il avait été nommé vicaire général par Armand Bazin de Bezons, évéque de Carcassonne, qui était son parent. M. de Bezons, qui gouverna l'église de Garcassonne pendant près d'un demisiècle (i 730-1 778), a été jugé très diversement par les hisloriens : on le disait jansénistç et il s'en défendait ; — la première condition pour être janséniste, semble être de n'en pas convenir. — En tout cas, il fut l'adversaire des Jésuites, qui le lui ont bien rendu ^ et il ne persécuta certainement pas les Jansénistes, ce qui lui valut les éloges un peu trop mérités des Nouvelles Ecclésiastiques, organe officiel des « appelants ». Il y avait dans le clergé de Garcassonne des personnages qui dissimulaient moins leurs sentiments : l'un d'eux, M. de Besaucèle, doyen du Chapitre, accepta, en 1791, d'être évêque constitutionnel du département de l'Aude ; il vouait une admiration sans bornes à M. de Bezons, et, en mourant, il demanda à être enlerré dans le même tombeau que l'évêque dont il avait été le vicaire général et l'ami -. On voit donc que M. de Bezons avait tout au moins des amitiés compromettantes ; mais on s'accordait pour dire que sa vie était régulière, sa piété un peu trop rigide, mais profonde, et que sa charité était inépuisable.

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