‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 25 sur 146 · I. Mniiilrnr. I. nn · texte numérisé non relu

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le 19 juillet, le renvoi de Necker et de ses amis, remplacés par des hommes qui passaient pour les ennemis de toute réforme. Le iSjuillet, la maison des Lazaristes au raid)ourg Saint-Denis fut investie, envahie et pillée sous le prétexte que ces Messieurs avaient accumulé des quantités énormes de blé. Ce qu'on trouva ne dépassait pas la quantité nécessaire à l'approvisionnement d'une communauté de 3oo personnes. On enleva les grains, on prit l'argent de l'économe et celui des pensionnaires, et on dévasta ce qui ne pouvait s'emportera

Pour s'attaquer à des adversaires moins inoffensifs, le peuple n'avait pas d'armes. Il s'agissait de s'en procurer : au Garde-Meuble, qui fut visité le kS, on trouva non des armes, mais des armures. On arrêta sur la Seine des bateaux chargés de poudre : on en emporta le contenu à l'Hôtel de Ville, où se tenaient en permanence, comme une municipalité improvisée, les électeurs nommés au mois d'avril. Pour avoir des fusils, on s'introduisit sans trop de peine au\ Invalides, et on en trouva une grande quantité. On fabriqua des piques et le i3 au soir Paris était sous les armes.

Pendant ce temps, les troupes stationnées dans la Ville se retiraient à Versailles, car les officiers déclaraient qu'ils n'étaient pas sûrs de leurs hommes. Le régiment des Gardes-Françaises, fort de 3. 600 liommcs, a\ait passé tout entier du coté du peuple-.

1. Lamourette, Désastre de la maison de Saint- Lazare. Paris, i7S() (Hibl. Nat., Lb 39, Tg^a).

2. Le récit de la prise de la Bastille ouvre le recueil rédigé par Prndliomme et intitulé : les Révolutions de Paris, auquel nous aurons à l'aire de nombreux emprunts.

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L'Assemblée assistait avec slupeur h ces évèiiemerits : c'était donc une révolution? Le soir du i4 juillet, la réponse n'était plus douteuse; la Bastille était aux mains des insurgés. Il y avait là de quoi dépasser les craintes des uns et les espérances des autres, et tous attendaient avec anxiété l'événement imprévu qui allait confondre encore une fois les calcids de leur inexpérience. Les dépu talions faisaient la navette entre Versailles et Paris, chargées de se rendre compte des événements et de calmer les esprits ; elles revenaient sans avoir rempli leur mission. Le i5 juillet, tous les députés de Paris se rendirent à l'Hôtel de Ville, comme pour reconnaître olïîciellement le pouvoir qui venait de s'y installer!. Là, se passa une scène mémorable : l'archevêque parut ayant à ses côtés Bailly, qui venait d'être acclamé maire de Paris, en remplacement du prévôt des marchands, Flcsselles, massacré la veille ; Lafayette, Mounicr, Lally-Tollendal adressèrent au peuple des harangues enflammées, et M. de Juigné prononça lui aussi quelques paroles de circonstance ; puis, aux applaudissements de l'assistance, l'archevêque plaça sur la tête de Bailly une couronne de fleurs, récompense civique de celui qui assumait en ce jour des fonctions particulièrement difliciles. Pour clore cette émouvante cérémonie par quelque nouvelle incohérence, on se rendit à Notre-Dame, où se chanta

I. [^'lltjtL'l (le \ille avait été décoré de haimiércs et d'inscriptions de circonstance. Le cadran de l'Iiorlof^c; était recouvert d'u^i transparent snr l<K|uel on lisait ces mots : À Louis XVI, Père des Frnnmis et Hoy d'un peuple libre. (Bévol. de Parts, n" i). C(; bel enttionsiasnie était encore sincère, mais qu'il devait passer rapi-

(iciMfiit :

()0 Li NUIT DU [\ VOUT

1111 Te Dewn, pour le u r('ial)lissciiicnt do la paix ^ ! » Elait-ce donc la paix qu'aimonçait la \icloire symbolique du peuple de Paris ? Quel était ce nouvel inteiloculeur qui, sans en être prié, venait mêler sa grosse voix au dialogue ') Des actes de rébellion, du sang répandu, des menaces pour le lendemain signifiaient que le peuple était las d'attendre et qu'il voulait des réformes immédiates. La phraséologie pleurarde et vide des débats parlementaires ne lui semblait pas nn remède approprié à des maux qu'on ne guérit pas avec de belles paroles. Les tergiversations du gouvernement l'avaient irrité, les déploiements de troupes l'avaient provoqué, et, presque avant d'avoir pris conscience de sa force, il avait brisé brutalement les obstacles fragiles qu'il avait trouvés devant lui. De tout cela on concluera si la paix était assurée ou si c'était la guerre à outrance qui commençait-.

Ni M. de Juigné, ni Lafayette, ni Mounier, ni Bailly lui-même ne paraissaient saisir la véritable portée de tous ces événements, et leurs béates congratulations ne prouvent que leur profonde honnêlelé, et leur naïve inclairvoyance.

La nuit du U Août.

L'acte du i4 juillet ne tarda pas à avoir son retentissement dans toute la France. Comme avertis par un

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