‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 32 sur 146 · LA RELIGION DETVT II · texte numérisé non relu

LA RELIGION DETVT II

La religion d'Etat.

Mais, au-dessus de ces manifesta.tions d'ordre concret de l'esprit révolutionnaire, se pose une question de principes, qui domine l'ensemble des faits : une question à l'occasion de laquelle la Constituante allait avoir à définir sa doctrine en fait de politique religieuse.

Quelle place allait tenir la Religion dans l'Etat renouvelé ? Jusqu'alors, le catholicisme avait été la religion d'Etat à l'exclusion de tout autre culte ; les lois et les mœurs publiques en faisaient la clef de voûte de l'ordre social ; et, suivant certains théologiens, le pouvoir royal lui-même n'avait d'autorité que celle qu'il tirait de l'investiture donnée par le Pape au premier souverain. Or, par une déduction logique, on en venait à conclure que la puissance qui avait concédé le pouvoir était en droit de le retirer à celui qui en avait mésusé. Je dois reconnaître que cette thèse était vivement combattue en France par les théologiens et légistes gallicans qui refusaient d'admettre le pouvoir du Pape sur le temporel des Rois. Mais, cette réserve faite, le Roi de France n'en était pas moins regardé comme le Fils Aîné de l'Eglise, le Roi Très-Chrétien. Le Concordat de loiG lui avait reconnu le droit de nommer à tous les grands bénéfices de son royaume, sauf approbation des sujets par le Saint-Siège ; puis, la prérogative royale, graduellement étendue, avait singulièrement réduit les limites dans lesquelles se mouvait l'autorité pontificale. Enéchaiiiie de cette (>spèce de

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