‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 34 sur 146 · LA RELIGION D ETAT · texte numérisé non relu

LA RELIGION D ETAT

dit il ceux qui sont tolérés : a Vous êtes dans l'erreur, (( vous vous obstinez à y demeurer : donc vous êtes (( coupables. Vous mériteriez d'être sévèrement ramece nés dans la voie du devoir, qui est celle de la Vérité, (( mais nous avons pitié de votre faiblesse ; nous ne u vous pardonnons pas vos torts, mais nous consentons (( à fermer les yeux, tout en déplorant votre funeste « égarement. » Or, cette indulgence bumiliante n'était pas ce que demandaient les dissidents, et, si les dissidents s'en étaient contentés, ils avaient des patrons et défenseurs, catholiques de nom, mais surtout imbus de l'esprit philosophique, qui réclamaient pour tous la liberté absolue des consciences. 11 fallait que l'Etat laissât à chacun la faculté de résoudre comme il l'entendait les problèmes religieux, moraux, sociaux et pliilosophiques ; que l'Etat fut neutre dans les questions religieuses, ce qu'on a depuis appelé l'Etat areligieux *.

Il est inutile de rappeler avec quelle désinvolture les révolutionnaires oublieront leurs protestations en faveur de la liberté de conscience ; nous verrons bientôt instituer un crime de a fanatisme », dont seront reconnus coupables tous ceux qui auront dit la messe, ou l'auront entendue.

En 1789, on n'avait pas encore tiré des a grands principes » ces conséquences illogiques. On se conten-

I. hiins son «liscoiirs du -i^ août 1789, Miraboau s'élcnait coiitro l'expression de « tol«';ran(;c » : « Je demande (pi'il soit proscrit, et (' il le sera, ce mot injuste qui ne nous présente ([uc comme des « citoyens dignes de pitié, comme des coupables auxquels on " pjirdonne. »

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