I. lii'vohilions de Paris, u" lotj à
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(( les consciences et snr les opinions... ; qne le respect (( du à la Religion ne permettait pas qu'on en fît l'ob- (( jet d'une délibération... ; que l'attachement de l'As- (( semblée à l'Eglise catholique ne pouvait faire un (( doute... » et qu'il n'y avait pas lieu d'examiner la proposition*. Dom Gerle l'avait du reste retirée, à la prière de ses amis, mais on sortit de ces séances orageuses avec cette opinion arrêtée que l'Etat entendait se placer en dehors des questions religieuses : c'était admettre oITiciellement le principe de la « laïcisation » de l'Etat, principe en vertu duquel avaient été déjà résolues diverses questions (|ui concernaient l'Eglise 2.
Les biens du clergé.
Les biens du clergé étaient luie proie bien tentante au moment où le Trésor public était vide, et où la suppression d'impôts impopulaires allait l'empêcher de se remplir.
Or l'Eglise était riche : riche par la générosité des fidèles, riche aussi par la gestion prudente de ses
I. Dareste, op. cit., VII, 22'i. — Anlard, Etudes et leçons sur la fiévolution, V* série, 65. — Sicard, op. cit.. H, livre I, chap. v, 3iG-253.
3. Guichard.' op. cit., soct. Il, p. 7. Dans la discussion de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, les articles XVI et \MI étaient primitivement rédifjfés comme il suit : \VI. La loi ne pouvant atteindre les délits secrets, c'est à la UeIif;ion et à la Morale si la suppléer. Il est donc essentic;! (|ue l'une et l'aulrci soient respectées. XVII. Le maintien de la Reli^non exige le culte j)ublic ; le respect pour le culte public est donc indispensable. — Ces deux articles avaient été rejetés, sous prétexte qu'ils exprimaient des devoirs et que la Déclaration ne devait exposer que des droits.
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biens, l^ar cela môme que les clercs n'étaient qne des usufruitiers, ils ne pouvaient aliéner aucune partie du capital : les lois canoniques les en empêchaient. Pendant que nos rois se lançaient dans des guerres souvent glorieuses, mais toujours ruineuses, la noblesse n'était pas garantie contre la folie des dépenses exagérées. On raconte qu'au camp du Drap d'Or, les seigneurs portaient leurs bois et leurs moulins sur leurs épaules, et ces habitudes dispendieuses avaient duré jusqu'à la veille de la Révolution, : la vanité, l'imprévoyance, la soif de jouir et de paraître n'étaient pas les seuls motifs de ces ruineuses prodigalités : la nécessité de tenir son rang, le service de l'Etat, des charges plus brillantes que lucratives avaient détruit petit à petit des fortunes énormes, et plus d'une grande famille n'eut pas réussi à faire la figure qui convenait à son nom sans les pensions royales qui absorbaient chaque année des sommes immenses, dont, par malheur, une partie seulement était bien placée.
Le haut clergé n'en était pas là : ses finances étaient gérées avec sagesse, contrôlées avec sévérité dans ses assemblées périodiques ; il pouvait sans s'appauvrir voter de gros subsides au Trésor royal ^ On lui reprochait de ne pas faire la part assez large ari clergé des campagnes : ce fut un tort et une faute, qui détachèrent de lui des collaborateurs trop négligés : c'est en mettant en avant les intérêts du clergé inférieur qu'on va s'emparer des biens de l'Eglise.
Après l'abandon de 70 millions de dîmes, le clergé
I. J. Bourlon. Les assemblées du Clergé sous l'Ancien Régime. Paris, 1907. (Coll. Science et Religion).
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coiisorvail oiicore un revenu en biens-fonds qui pouvait monter à 80 millions. Il s'agissait d'assiéger savamment cette place forte et de la faire capituler.
Pour les théoriciens de la Constituante, il y avait un argument décisif : l'Etat forme un tout indivisible ; dans l'Etat, il n'y a qu'une seule catégorie de citoyens, et il est contraire à la notion de l'Etat de souffrir en lui, et comme en dehors de lui, des groupements qui ne seraient que des démembrements de l'Etat. Tous les Français sont citoyens au même titre ; dépendant tous de l'Etat, ils ne doivent connaître que l'Etat ; donc l'existence d'ordres, de corporations conservant une individualité propre est la négation de l'unité française. C'est au nom de ce principe que se produisit cet émiettement, cette pulvérisation de la Nation, qui devait singulièrement faciliter le rôle d'un pouvoir fortement centralisé, puisque ce pouvoir n'avait plus devant lui que des individus isolés. La France a vécu un siècle sous ce régime, et pendant un siècle l'association a été considérée comme un délit.
Or, si le clergé n'existait plus comme ordre, il n'avait plus la capacité juridique nécessaire pour posséder, n'existant pas. Maury aura beau dire dans im mouvement d'éloquence : « On n'hérite pas de ceux qu'on a assassinés !» ; le sophisme passera dans le corps des principes révolutionnaires, où il est encore... et nous en savons quelque chose.
Telle était l'idée fondamentale des réformateurs de la société, et ils se gardèrent bien de la présenter aussi brutalement que je viens de l'exposer : le moment n'était pas encore arrivé.
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Los onnomis déclan's de l'Eglise disaient : Il faut délniire la puissance politique du clergé ; aussi longtemps qu'il sera en possession de ses biens, il disposera d'une influence qui s'exercera contre nous. Leurs revenus leur permettent de secourir les pauvres, et même de venir en aide aux riches ; ils sont entourés de gens qu'ils ont obligés, et surtout de gens qui espèrent être obligés par eux; il faut les ruiner afin de les désarmer. De plus, en mettant en vente les biens qu'on leur prendra, on créera un anlagonisrpe permanent entre l'Eglise et les acquéreurs de biens ecclésiastiques : par la crainte où ils seront de voir un jour surgir des revendications, ils travailleront au succès de la Révolution, non pas tant par amour du nouveau régime, que par désir de rester possesseurs paisibles des biens qu'ils auront achetés et qu'ils prétendront conserver.
Je ne me dissimule pas qu'en attribuant aux Constituants des intentions perfides contre la Religion, je vais contre une thèse qui a ses défenseurs convaincus. Un des historiens les plus accrédités de la Révolution écrivait naguère : « Il n'y a que des pamphlétaires (( incurables ou des historiens attardés pour soutenir u que la Constituante fut une assemblée impie, dont « toute la politique religieuse fut de faire au catholi- (( cisme une guerre aussi sournoise qu'implacable ^. » Que la Constituante ait fait la guerre au catholicisme, cela ne peut se contester ; que cette guerre ait été faite à face découverte, cela ne paraît pas résulter des faits :
I. A. Mathiez, La lecture des décrets au prône sous la Constituante (Annales révolutionnaires, 1908, avril-juin, p. aaS).