LES BIENS DU CLERGE I
souvent les attaques ont été dissimulées sous des protestations de respect, et on a pu s'y méprendre. Edgar Quinet a reproché aux Constituants leurs concessions: (( La Constituante essaya de faire une petite réforme (( dans l'Egalise, mais elle s'en défendait K » « La plii- « losophie à laquelle ils croient, ils la renient - ». Les Constituants n'ont pas ménagé les manifestations extérieures de leur vénération pour la Religion : les grands seigneurs, qui ne croyaient à rien, les petits hommes de loi, familiers des loges maçonniques, rivalisent pour inventer des formules déférentes à l'égard de la Divinité et de ses ministres. Mirabeau a des pages admirables sur la Religion : l'Assemblée entend des messes, suit des processions, va chanter des Te Deum, étonne les badauds par sa ferveur ; mais chez les uns, c'est pure comédie ; comme Voltaire, ils savent ménager les apparences et ensuite se dédommagent en petit comité. Prudhomme. qui avait connu la pensée intime de Mirabeau, disait en parlant d'un prêtre, membre de l'Assemblée législative, qui faisait montre d'impiété : (( Trois curés de cette trempe pour chaque départe- (( ment, et le vœu de Mirabeau ne larderait pas à être (( accompli, la France ne tarderait pas à se décalholi^ (( ciser » ^.
Chez le plus grand nombre, la Religion n'était pas une altitude de circonstance : ils étaient religieux. Mais la Religion est comme un arbre qu'il ne faut pas juger par l'écorce. Alors que nous admirons sa struc-