‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 43 sur 146 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

LÉGISLATION RELIGIEUSE DE LA CONSTITUANTE. LA SUPPRESSION DES COUVENTS.

Snppro>;>iin!i (\o^ roinf>nts. — Exode des religieux. — Suppression des chapitres.

Suppression des couvents.

Les membres du clergé séculier élafent réduits à la condition de fonctionnaires stipendiés : ceux du clergé régulier allaient devenir de simples pensionnaires de l'Etat. C'est le i3 février 1791 que fut votée la loi concernant les communautés religieuses.

L'argument qu'on mit en avant traînait depuis longtemps dans les recueils de déclamations contre l'Eglise. On reprochait aux religieux d'être des membres inutiles du corps social : on les traitait couramment de fainéants ; on oubliait ({ue les Bénédictins de Saint- (ieiniain-des-Prés formaient une corporation scientifique telle qu'il s'en trouve peu dans les fastes de la France intellectuelle ; que les Fils de Saint François, Cordeliers ou Capucins, étaient d'admirables prédicateurs populaires ; que les Dominicains étaient de savants théologiens, mais le parti pris est aveugle dans

l/t*2 SUPPRESSION DES COI YENTS

ses injustices. Pas im ordre n'échappait à la censure des malveillants : les uns étaient trop riches, mais les mendiants élaient une charge pour le public ; les contemplatifs ne rendaient aucun service à la société, les enseignants pervertissaient la jeunesse, les savants étaient des orgueilleux et les ignorants discréditaient l'Eglise.

11 est certain que tout n'était pas parfait dans les couvents à la fin duxviii" siècle ; l'observance régulière n'était pas partout respectée ; certaines conmiunautés avaient une doctrine suspecte, et les mœurs même laissaient parfois à désirer. Parmi ces tièdes, ces hétérodoxes et ces libertins, les idées de la Révolution allaient recruter d'ardents adeptes : beaucoup vont renoncer avec empressement à des obligations qu'ils ne respectent plus, et l'église constitutionnelle fera parmi eux de tristes recrues, déjà prêtes pour l'apostasie. Mais à côté de ces individus d'une valeur douteuse, il y avait des sujets exemplaires, pénétrés de la grandeur de leurs devoirs, décidés à rester jusqu'au bout fidèles à leurs engagements ; les évêques usaient souvent de leur concours pour les prédications extraordinaires, pour les confessions et la direction des religieuses ; ils rendaient justice h ces collaborateurs aussi dévoués que désintéressés. Quant aux communautés de femmes, elles étaient presque toutes très ferventes ; quoi qu'aient pu dire les pamphlétaires, les vocations étaient sincères et solides : on peut trouver quelques exemples de filles entrées au couvent pour satisfaire aux vues intéressées de leur famille, d'autres qui ont cédé au dépit ou à quelque autre sentiment

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