‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 3)Chapitre 47 sur 146 · I.)'| I.\ COXSTrTUTTOX CIVILE IM CLERGE · texte numérisé non relu

I.)'| I.\ COXSTrTUTTOX CIVILE IM CLERGE

ou\, les curés b]vpilly, Massioii et Tliibaiill, comme éveques * .

Réduits au rôle de minorilé impuissante, les autres membres du c<)mité se sentirent incapables de faire modifier erî quoi que ce fût, des projets que jusque-là ils avaient énergiquement combattus : se refusani à endosser une responsabilité qui les épouvanlail, ils donnèrent leur démission et le comité ecclésiastique, réduit à vingt et un membres, forma un groupe liomogi'nc, et prêt à aller jusqu'au bout.

La conslilalion civile du clergé.

Nous avons déjà eu l'occasion de déterminer les principes qui allaient prévaloir en matière religieuse. D'abord, il ne devait, il ne pouvait plus y avoir de religion nationale. Voici comment Mirabeau, dans son adresse au Peuple Français du i4 janvier 1791, présentait cette question : a Déclarer nationale la religion (( chrétienne, serait flétrir le caractère le plus intime

I. Los quinze membres du comité primitif étaient, en outre des six que j'ai nommés plus haut : les abbés Vaneau, (Jrandin et de Lalande ; le prince de Robecq, le marquis de lioutliillier, le président d'Ormesson, le juge Despatys de Courteille. et les avocats Salle de Choux et Leorand.

Les élus du 7 février furent l'abbé de Montesquiou-Fezensac, le fameux chartreux Dom Gerle, Dom Bretin, bénédictin, l'abbé Gassendi, député de Provence, l'abbé Expilly, curé de Morlaix, l'abbé Massieu, curé de Sergy, près Pontoise, l'ablié Thibault, curé de Souppes, près Nemours, MM. Defermont, Dupont d(! Nemours, le marquis de Lacoste, Guillaume, Dionis du Séjour et Hoislandry, ces trois derniers députés de Paris.

Dom Bretin, nommé par Durand de Maillane, ne ligure pas, je ne sais pouniuoi, dans les listes dressées par M. Armand Bretle.

LV CONSTTTITION CIVILE DU CLERfJE K).)

(( rt le plus essentiel du christianisme ! En général, la « Religion n'est pas, elle ne peut pas être un rapport (( social : elle est un rapport de l'homme privé avec (( l'infini... un homme n'est pas véritablement reli- (( gieux parce qu'il est de la Religion de la \ation, mais {( parce qu'il est de sa religion à lui-même... Peut-il (( jamais être utile au bonheur public que la conscience « des hommes soit enchaînée j)ar la Loi de l'Etat? Les (( lois ne nous unissent les uns aux autres que dans

les points où nous nous touchons : or, les hommes

ne se touchent que par la superlicie de leur être; (( mais, par la conscience et la pensée, ils demeurent (( isolés, et l'association leur laisse à cet égard l'cxis- (( tence absolue de la nature... »

(( Enfin, il ne peut y avoir de ndfionales, dans un (( empire, (pie les institutions établies pour produire (( des effets politiques, et la Religion n'étant que la (( correspondance de la pensée et de la spiritualité de « l'homme avec la pensée divine, avec l'Esprit unice verset, il s'en suit qu'elle ne peut prendre sous ce (( rapport aucune forme civile et légale K »

\insi, d'après l'orateur a})plaudi par la Consliluante, l'Elal lie pouNait être une société chrélienne : l'Eglise^ n'avait {)lus ]o (hoil de formel* une société ; dans sa conception des droits de la Société nouvelle, Mirabeau ne voulait plus, en face de l'Etat omnipotent, que des individus isolés, libres, sans doute, de professer au fond de leur coMir la religion de leur choix, mais

I . Projet d'adrcasc aux Français sur la donsliliilion civile du (Clergé, prononcr par M. Minilx'au l'ann'. I\iris, 1791. P- ■^ f^t A.

obligés de rcnformer leurs sentiments religieux dans les plus profonds replis de leur conscience.

Comment expliquer alors qu'après ces promesses do libération, la Loi va s'emparer de la Religion et en faire un service public, réglementé avec la plus tracassière minutie i> Il y a là une contradiction, et il ne faut pas moins que la cauteleuse éloquence de Mirabeau pour élaborer une subtile distinction,

« Puisque le christianisme est une économie toute (( spirituelle, hors de la puissance et de l'inspection (( des hommes, pourquoi nous sommes-nous attribué <( le droit de changer, saris l'irUerxenlion spirituelle, (( l'ancienne démarcation des difx^èses?

(( Certes, on devrait nous demander aussi pourtfuoi (( nous sommes chrétiens, et pourquoi nous avons (( assigné, sur le Trésor national, aux ministres de « l'Evangile, la plus solide partie des revenus de (( l'Etat ^. »

Mirabeau expose ensuite que le christianisme n'est pas en France une religion simplement tolérée, comme le judaïsme ou le luthéranisme ; il est la religion du public ; il n'est pas religion nationale, mais il est la religion de la ^'ation. Or, dans le premier cas, l'Etat n'a rien à voir ni à réformer dans des circonscriptions qui n'ont pas de « visibilité politique n, mais toutes les dépenses relatives à la subsistance des ministres, à laconsli'uctionel à l'entretien des temples, sont inie charge qui n'appartient pas au lise, parce que ce qui est étranger à l'inslilulion politique ne peut être

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