LA. QUESTION DE L ETAT-CIVIL
(( ainsi on mettra fin à un abus grave, dont les effets (( seraient funestes à l'ordre social i. »
Treilhard, qui présidait ce jour-là, ne dut pas trouver la motion de son goût, car les constitutionnels n'avaient pas de défenseur plus résolu que lui. Il couvrit de fleurs Bailly, orateur de la municipalité, mais avec le secret désir d'enterrer son inopportune proposition 2. Dans l'Assemblée on partagea sa manière de voir, pour les raisons que j'ai indiquées plus haut. RewbelJ, un des membres les plus avancés, traduisit ces passions antilibérales dans cette déclaration caractéristique: « J'ai toujours détesté les opinions, même justes, (( qui pourraient tendre à altérer l'ordre et pourraient (( servir les factieux '^. » Ce qui peut se traduire ainsi : (( Pas de liberté pour les autres. » Et, parmi les autres, il y avait l'évéque de Langres, qu'on avait maladroitement mis en avant.
Après plusieurs ajournements, la proposition fut adoptée en principe, mais la Constituante en laissa la mise en pratique à la nouvelle Assemblée qui allait se réunir le i""' octobre 1791.
Pour les mêmes raisons, le débat s'éternisa devant la Législative : le 3 novembre, l'établissement du projet fut renvoyé au Comité de législation*. Déposé le 20 février, le rapport de Mura ire fut examiné lentement, et sans que personne semblât désirer que la réforme
I. Aiilard, op. cit., i-j'i-i-ij, d'après Bibl. Nat. Le ^o i/,(j8,
■2. Ibid., 179-180.