LE CONCILE PROVINCIAL
La lettre qui convoquait le concile pour l'Ascension de 1801 prévoyait la tenue préalable de synodes diocésains et de conciles métropolitains; les synodes devaient avoir lieu en 1800 entre Pâques et la Saint Pierre et les conciles entre la Saint Pierre et la Toussaint. 11 fallait donc penser à réunir à Paris l'une et l'autre de ces assemblées ; mais que valait la lettre d'indiction ? Y avait-il lieu d'en tenir compte ? Le 6 mai 1 800. Royer, devant le Presbytère, expliqua les raisons pour lesquelles il s'était abstenu et était résolu à s'abstenir encore de communiquer à ses sufTragants une convocation qu'il estimait être irrégulière. En attendant, il se cantonna dans une attitude passive.
Il y serait resté indéfiniment si les évêques « réunis « n'avaient eu à leur disposition l'infatigable agité qu'était l'évêque de Versailles. Oubliant le blâme qu'ils avaient infligé à ses projets de réforme liturgique, ils s'entendirent avec lui^ et le lâchèrent sur Royer.
Le 7 août. Clément sort de la retraite boudeuse où il s'était confiné depuis quelques mois et somme Royer de convoquer le concile de la province. Alors commence une campagne qui va durer plus de six mois : tout d'abord. Clément reprend ses plaintes sur la négligence du métropolitain h pourvoir d'évéques les
Desbois, évoque de la Somme, qui, sans autorisation, avait cto •confirmer à Saint-Sulpice. — L'année suivante, c'est Clément qui confirme à Saint-Laurent, mal^é la défense formelle qui lui en -est faite.
9. Clément écrit à Royer : « Une assemblée a été convoquée sur les instances des évêques réunis,.. » (Heg. du Prcsb., 12 août).
LE CONCILE PROVINCIAL l']b
églises d'Orléans, de Sens et de Chartres. On a beau lui dire que toutes les démarches qu'on a faites ont échoué devant une grève de candidats, cela n'est pas pour le décourager ; on n'a pas trouvé de sujets, c'est qu'on a mal cherché : il saura en découvrir ; il en découvre, mais aucun n'accepte*.
Mis en demeure d'avoir à réunir son concile métropolitain, Hoyer ne bougeait pas : Clément relance alors Thuin. révêque de Meaux et lui représente qu'en sa qualité de premier su fTragant il doit convoquer le concile au lieu et place du métropolitain qui se dérobe. Thuin, qui a peur de tout, répond qu'il ne veut pas entendre parler de cette ennuyeuse histoire. C'était ce que Clément attendait : il se trouve, au refus de Thuin, le plus
I. Clément, au mois d*août 1800, nomme à Tévéché d*Orléans Paul Baillet» cure de Saint-Etienne-du-Mont; Baillet refuse. Au concile de Bourges, Clément fait approuver et maintenir cette désignation par les évéques du Centre, disant qull se porte garant de l'acceptation de Félu, puis il écrit à Baillet que le concile de Bourges Ta nommj et qu'il n'a pas le droit de refuser; il lui annonce qu'il le sacrera le 26 octobre. Baillet, le 31 octobre communique les pièces au Presbytère, ainsi que la réponse négative qu'il a adressée à Clément.
Pour lo siège de Sens, une difficulté naiivelic avait surgi, la ville d'Auierre avait réclamé un évêque et le souvenir de M. de Cheylus était trop cher aux bons jansénistes pour qu'il ne fut pas fait droit à une telle demande ; mais alors Sens se met en travers pour ne pas perdre le siège que l'influence du cardinal de Brienne avait réussi à lui conserver. Clément crut devoir reconnaître le droit des Sénonais et nomma à l'évèché de Sens son secrétaire Ponsignon. Or Ponsignon, qui savait que dans tout le département de l'Yonne, il ne trouverait pas vingt paroisses à gouverner, n'accepta qu'en renvoyant l'époque de son sacre au temps où son élection serait ratifiée par le Pape. 11 ne fut jamais sacré, ce qui ne l'empocha pas, ad abundantiam iuriSy de donner sa démission en 1801.