Sôrel, VEarope et ta Béuolution française, V, /i5o
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rence au bonheur de revoir une épouse quelque peu peu volage, disait-on, mais toujours adorée. Quand il sortait de son hôtel ce n'était que pour les visites exigées par l'étiquetée, au Directoire ou à l'Institut, ou encore pour aller à ce banquet organisé dans l'église de Saint-Sulpice, et d'où il s'échappa dès qu'il en trouva le moyen. Il ne portait pas habituellement son uniforme et sortait vêtu d'une redingote bourgeoise et coiffé d'un chapeau à haute forme ; il n'avait, pour rappeler sa qualité de militaire, qu'un long sabre turc suspendu par un cordon de soie par dessus son habit civil *, et, dans un temps où sévissait la fureur du panache, c'était un minimum de tenue militaire.
Malgré l'attitude effacée qu'il s'était imposée, le général avait une perception très nette de la situation et écoutait, sans paraître comprendre, les ouvertures qui lui étaient faites 2.
Avec qui allait-il lier partie ? Barras et Sieyès s'offraient à lui — les trois autres directeurs ne comptait pas — Barras, c'était l'homme de thermidor, de vendémiaire, de fructidor et de prairial ; il semblait prévu par le protocole de nos révolutions périodiques que rien ne se pouvait faire sans que Barras jouât un des rôles en vedette dans la comédie. D'autre part,. Sieyès tenait dans sa main la majorité des Conseils ; il leur avait promis cette constitution idéale que personne ne connaissatt que de réputation ; il leur avait surtout donné à entendre qu'une place hono-