Vandal, op. cit.., I, chap. vi, Bonaparte à Paris
2. Vandal, op. cit., I, chap. vu, La préparation du coup d'État.
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rable et bien rémunérée serait réservée à chacun d'eux dans l'édifice, le jour où il descendrait des nuages pour se poser sur la terre.
Avec Sieyès, on pouvait faire un coup d état légal, en s'appuyant sur les Conseils, qui étaient censés représenter la volonté nationale. Avec Barras, on était assuré de briser toute résistance, mais était-il nécessaire de briser quelque chose P Etait-il utile de se compromettre avec Barras quand il était si simple de l'acheter P En trois semaines, la pièce fut composée, les rôles distribués et appris ; la mise en scène était réglée et les figurants étaient prêts à monter sur la scène. Le 19 brumaire, le Gouvernement va s'effondrer comme une chose vermoulue qui n'était restée debout jusque-là que par un prodige d'équilibre instable.
Bonaparte, devenu chef de l'Etat sous le titre de n Premier Consul », était cependant loin d'être le maître.
Au lendemain du coup d'étal, il avait présenté quelques lois réparatrices ; l'impôt progressif avait été aboli, ainsi que la loi des otages, mais quand il avait voulu préparer le retour de la paix religieuse, il s'était heurté aux préventions des assemblées que Sieyès avait composées des épaves de la Convention et des Conseils directoriaux ; l'esprit anti-chrétien y dominait et la mesure qui devait rouvrir les portes de la France aux prêtres bannis fut restreinte à trois catégories d'ecclésiastiques ; ceux qui avaient prêté tous les serments, c'est-à-dire les constitutionnels, ceux qui
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avaient renoncé à leur état et notamment ceux qui s'étaient mariés, c'est-à-dire les apostolats.
Malgré TindifTérence que le Premier Consul semblait marquer pour l'Église, beaucoup de prêtres crurent devoir saluer, du haut de la chaire, l'avènement du régime nouveau ; leur ardeur fut jugée quelque peu intempestive. Le Bureau Central, qui avait l'ordre d'interdire dans les théâtres les pièces de circonstance qui contenaient des allusions au coup d'état, prétendit qu'il fallait au même titre défendre les sermons où les événements politiques étaient interprétés au moyen des textes sacrés ^ L'assimilation n'était pas complètement juste et, en tout cas, elle était injurieuse pour les prédicateurs mis en parallèle avec les comédiens.
Le général Bonaparte ne tenait nullement à encourager ceux qui le présentaient comme le sauveur annoncé par les Écritures. Quand il était dénoncé par les démagogues comme un ambitieux aspirant au trône, il sentait la nécessité de jouer serré et les flatteries inconsidérées de quelques admirateurs naïfs lui paraissaient fort dangereuses. Plus d'un fut sévèrement averti et invité à mettre de la mesure dans ses adulations inopportunes 2. H est vrai qu'en même temps on faisait passer des conseils de prudence aux adversaires du gouvernement: on s'efforçait de les désarmer, afin, leur donnait-on à entendre, de n'avoir pas à sévir