LA LETTRE AU PAPE
« primitif et commun, qui constitue les libertés de
« l'église gallicane ^ » On pourrait dire d'eux que leur
main droite largement ouverte ne savait pas ce que
reprenait leur main gauche.
Entre tous les documents conciliaires, les plus
curieux et les plus instructifs sont les deux lettres
adressées au Pape.
De la seconde, qu'avait rédigée Degola, il n'y a rien
à dire, sinon qu'elle est écrite dans un admirable latin 2. La première est en français ; eJle fut lue en chaire le 1 3 juillet 3. Elle est bien composée, elle est courte, ce qui est à signaler, et elle est surtout très habile. Au fond, bien que le Pape en fût le destinataire apparent, elle s'adressait à d'autres lecteurs. C'est le plaidoyer de l'église constitutionnelle qui demande non pas l'absolution, mais une couronne civique. Au Gouvernement de la méditer et d'en tenir compte !
Elle débute par l'inévitable profession d'attachement au Saint-Siège et nous savons ce qu'il faut en penser. Puis vient un appel à la justice du Pape, défenseur de la vérité. L'église de France a traversé des jours mauvais, mais ses malheurs, le Pape ne les connaît que par le récit mensonger de ceux qui avaient intérêt à le tromper : « x\h ! Si la vérité que nous avons cherché <( tant de fois à vous faire connaître n'eût pas été inter- « ceptée et défigurée ! {le Pape a reçu leurs « lettres de {communion » et a pu les juger sur pièces !) u s'il eût été <ç donné aux vrais amis de la Religion et du Saint-