LES CONFÉRENCES CONTRA DICTOIHES
dans la persécution, si désintéressés dans leur ministère, si respectueux de la loi ; au contraire, ceux qui ne partageaient pas leurs idées étaient des fourbes et des factieux. Il fallait donc bien se garder, au moment où refleurissait la Religion, de priver F Église gallicane du concours de ceux qui l'avaient, disaient-ils, empêchée de périr, et si le Pape répugnait à les conserver à la tête de leurs diocèses, on les imposerait au Pape. C'était en effet ce qui devait arriver.
Pour convaincre les « incommuniquants » de mauvaise foi, une autre machine avait été montée. Le 30 juillet, les chefs du concile firent voter l'ouverture de conférences contradictoires entre les deux partis*. Ils n'avaient pas oublié et aimaient à rappeler qu'en l'an 4ii de semblables tournois théologiques avaient amené la fin du schisme des Donatistes et qu'une démission générale des évêques africains avait préparé une réconciliation définitive. Pourquoi ne pas recourir à un semblable remède ?
Ils nommèrent donc le 5 août dix-huit des leurs qui, pendant trois jours consécutifs, devaient siéger en permanence à Notre-Dame 2; dix-huit théologiens « incommuniquants )) se présenteraient et au bout de trois jours d'argumentations, ... il est probable qu'on se serait retrouvé au point de départ, puisqu'il n'y avait pas d'autre arbitre que le public incompétent, que la curiosité aurait attiré 3. Ils pensaient que ce projet,