BONAPARTE ET L EGLISE I
contre eux. En les intimidant, on les faisait souvent taire et quand on était assuré de leur silence, il était possible de reprendre sans bruit l'œuvre de pacification.
l'élargissant sans le dire les termes de la loi du 8 frimaire, le Gouvernement tirait de prison les prêtres détenus. C'est ainsi que furent mis en liberté M. de Malaret et la plupart de ceux qui étaient en réclusion à Saint-Denys : à la fin de frimaire, c'est-à-dire avant la fête de Noël 1799, ^^- I^uval, curé de Saint- Jacques ^ et Huré, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet*, étaient rendus à leurs paroissiens. M. de Maillé revenait de l'île de Ré et recommençait à faire des ordinations et des confirmations dans les églises de Paris, de la banlieue et jusqu'à Amiens 3.
Pour rappeler les prêtres exilés, on les comprit incidemment dans une loi relative aux émigrés : un article sévère renouvelait les peines portées contre ceux ci, mais il s'y glissait une petite phrase incidente qui mettait à part les déportés qui, n'étant pas sortis volontairement de France, recevaient l'autorisation d'y rentrer; c'est par cette porte entrebâillée qu'allaient se faufiler 3o.ooo prêtres qu'une loi cruelle avait forcés à s'expatrier. Soumis provisoirement à la surveillance de la police, ils avaient le loisir de faire toutes les démarches nécessaires pour obtenir leur radiation définitive delà
1. Sorti le 21 frimaire- 12 décembre (G rente. De la Terreur an Concordait i32).