DISSOLUTION DU CONCILE
Ceci se passait au commencement de septembre et depuis quinze jours le concile était mort et enterré.
Le jeudi, 2 3 août, les « pères » ne siégeaient pas (c'était le jour réservé à un repos bien gagné par six journées de travail). Or, une rumeur étrange se mit à circuler ; elle se propage rapidement : le concile est dissous! On s'assemble, en toute hâte, on. discute et on décide d'envoyer une dépulation au Premier Consul ; mais, comme le temps presse, c'est Fouclié qui la reçoit. Elle se composait de Le Coz, président, de Grégoire, auxquels s'étaient joints Debertier, Primat et Périer. Fouché les accueillit avec une amabilité de mauvais augure : il commença par les couvrir de fleurs : le Concile a fait l'impression la plus profonde, sur tous les membres du Gouvernement et sur les habitants de Paris ; on avait généralement admiré les lumières que renfermait cette assemblée, et autres compliments... mais le Gouvernement venait de recevoir une bulle du Pape pour la pacification des troubles religieux de France, et, pour ne laisser aucune excuse, même légère, aux prêtres turbulents, le concile était invité à se dissoudre^.
Fouché avait menti, ou on l'avait fait mentir, en le faisant parler d'une bulle qui n'existait pas. C'est seulement le i5 août que le Concordat devait être ratifié à Rome, et, à Paris, on ne savait rien. Ce qui est exact, c'est que le Concordat était signé depuis un mois et qu'on attendait prochainement la venue du cardinal
1. Cette scène a été racontée dans les Annales (XIII, 348-352), mais le récit parait avoir été si fortement arrangé jwur les besoins de la cause que je ne le suis pas.