DISSOLUTION DU CONCILE IQJ
légat, porteur des ratifications. Il avait paru convenable qu'en arrivant à Paris il n'y trouvât pas une assemblée se disant concile» en train de délibérer sur des questions qui étaient réglées*.
Entre temps, les évéques constitutionnels avaient obtenu un délai de trois jours pour clôturer vaille que vaille leurs pompeuses assemblées*. Ils savaient que tous sans exception allaient avoir à donner leur démission, et, après en avoir discuté, ils avaient décidé de se soumettre sans résistance. En tout temps» ils avaient enseigné le devoir d'obéir aux lois de leur pays : ils étaient logiques.
La volonté du Premier Consul sera respectée, et ceux que travaillait un besoin de rébellion n'avaient plus qu'une ressource : c'était de résister aux ordres du Pape. Nous n'allons pas tarder à voir qu'ils ne s'en firent pas faute.
1. Arch. Nat., F^ 370-1, -iS thermidor. — Lettre de Chaptal, Ministre de l'Intérieur à Le Coz, Président du concile, 1 1 fructidor an IX (ag août), lui donnant acte de la suspension du concile (Annales de la Religion^ XIII, 43'i). — Spina à Consalvi i5 et 2) août (B. III, /irxj et 4C3).
2. Grégoire au Premier Consul 29 août. — Observations des membres du concile sur le traité avec Rome (B. III, /|t)8). — Voir aussi Annales de la Religion, XIIT, /i84-^88.
CH/VPIÏRE VI
LA DÉMISSIOIf DES ÉVÊQUES
La ratiikation à Rome ot à Paris. — La bulle Brclesia Chrisii. -~ Le bref Tarn multa aux anciens évéques. — Lo bref Post muUos labores concernant les constitutionnels. — Démission des constitutionnels et des évéques légitimes. — La bulle Qui Christi Domini vices. -^ Démission de l'archevêque de Paris.
Le Concordat devait être ratifié dans un délai de quarante jours. Ce délai, si court qu'il fût, parut même trop long au Premier Consul : dans son empressement de publier la convention pacificatrice, il eût souhaité que la cérémonie eût lieu à Notre-Dame de Paris le jour du i5 août, fête de la Sainte Vierge (et bientôt de la Saint-Napoléon). Dernier avait été invité à prêcher pendant la messe solennelle que devait chanter Mgr Spina.
Ce projet était irréalisable pour une foule de raisons. Le Concordat ayant été signé seulement le 1 5 juillet, à minuit, la journée du 1 6 avait été employée à faire les copies et dès le soir, on les avait expédiées à Rome. Le voyage du courrier, si rapide qu'il fût» devait durer au moins dix jours ; il n'arriverait donc guère avant la fin du mois, et il fallait bien admettre