LA RATIFICATION
que rexamen d'une aussi grave aflaire par le Pape et ses conseillers ne pourrait être terminé en 48 heures.
Il faut dire aussi que le choix de Notre-Dame pour la cérémonie de publication était à cette époque parti- 'culièrement inopportun, puisque le concile des constitutionnels y était encore réuni. Pensait-on expulser ces. prélats qui avaient la prétention d*y être les porte-parole de l'église gallicane ? Ou s'imaginait-on que Dernier et Spina s'en iraient officier et prêcher en présence du concile ? Cela supposait une conception bien inexacte de la situation religieuse de la France et des obligations de celui qui représentait à Paris l'autorité du Pape.
Grâce à des merveilles de diligence, le messager envoyé à Rome par le cardinal Consalvi ne resta que dix jours en route. Le 25 juillet, il remettait les plis dont il était porteur au cardinal Doria qui remplissait intérimairement les fonctions de secrétaire d'État* et, après avoir passé la nuit à déchiffrer les dépêches, le cardinal les porta le lendemain matin au Pape. Sans doute, le Concordat, tel qu'il avait été signé par Consalvi, ne répondait que très imparfaitement aux légitimes revendications du Chef de l'Église ; certainsarticles étaient choquants par leur intransigeance ou inquiétants par leur ambiguïté, mais enfin c'était une solution et cette solution arrivait au moment où l'espoir de tout accommodement paraissait compromis.
Consalvi avait recommandé de garder la plus, grande discrétion ; les pièces ne furent communiquées.