LE DREF AUX ÉVÊQUES
•dans son premier projet de bulle» le Pape avait cherché à exprimer de tels sentiments à 1 égard des prélats auxquels les dures exigences de la politique lui commandaient d'imposer un lourd sacrifice ; mais le Gouvernement français avait réclamé la suppression d'éloges auxquels il ne voulait pas avoir Tairde s'associer même indirectement. Dans le bref, au contraire, le Pape ne parle qu'au nom de l'Ëglise et rien ne l'empêche plus de laisser prendre un libre cours aux élans de son cœur paternel. Il faut cependant venir au fait et il -expose aux évoques la cruelle nécessité où il se trouve de les inviter à renoncer à leurs sièges; mais aussitôt il s'efforce d'atténuer la sévérité du coup qu'il leur porte en leur proposant comme exemples des traits de magnanime désintéressement qu'il relève dans l'histoire de l'Église. 11 leur rappelle aussi qu'en 1791 la plupart d'entre eux avaient offert, pour le bien de la paix, la démission qui leur est demandée aujourd'hui. Puis, s'élevant au-dessus des considérations humaines, il les engage à examiner avec Jui, au point de vue surnaturel, la mission et les devoirs des évêques et il leur •développe les belles leçons qu'il emprunte à saint Grégoire et à saint Augustin. Après leur avoir montré que lui-même il est dans l'impossibilité d'ajourner la réponse qu'on attend de lui, il leur fixe un délai de dix jours pour faire une réponse ferme. 11 leur donne enfin à entendre, avec autant de bonté que de force, qu'au cas d'un refus, qu'il ne saurait prévoir, il sera contraint d'en venir aux mesures nécessaires pour lever les •obstacles qui s'opposeraient au rétablissement de la paix dans l'Église.
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Il y avait dans ces derniers mots une menace, mais vague encore. Nous ne tarderons pas à voir par quels moyens cette menace devait se réaliser.
Le second bref envoyé à Paris ^ concernait les évéques constitutionnels. Comme le précédent, il fut communiqué tout d'abord au Gouvernement français 2, et ce n'est qu'après qu'il eût été approuvé que Spina le porta à la connaissance des intéressés 3.
On était loin du jour où le cardinal Martîniana, après son entrevue avec le général Bonaparte, écrivait: M Des évêques intrus, il ne veut pas entendre parler » *.
Qu'il le voulût ou non, on lui en avait parlé: la nécessité de ne pas soulever contre le principe du Concordat l'opposition des Jacobins avait amené le Premier Consul à sacrifier plus d'une de ses anciennes manières de voir. Talleyrand, qui savait quel besoin on avait de lui, s'était fait l'avocat de cette église pour laquelle il se sentait par moment des entrailles de père et, profitant de son crédit, il regagnait tout doucement du terrain.
Pendant que Grégoire efTrayait par l'exagération de ses propos, et rebutait par l'amertume de ses rancunes, Talleyrand et d'Hauterive travaillaient sans bruit à habituer les esprits à un accommodement d'où