II. B. V, 59C
ao8 PRÉTENTIOlfS GOMSTITUTIOHNELUBS
les coQslitutionnels seraient sortis avec les honneurs de la guerre.
Du côte de Rome, il faut le dire, on présentait une thèse qui, pour être en tout conforme aux principes de la discipline ecclésiastique, n en était pas moins d'une intransigeante rigueur. Ces individus, disait-on, qui se prétendent évéques, se sont mis en possession à rencontre de tout droit; ils ont affecté d'ignorer le Pape et il n'est que juste que le Pape les ignore. Ils n'ont pas demandé de pouvoirs à la source commune de juridiction ; ils sont donc sans pouvoirs et sans juridiction. De plus, leur intrusion leur a fait encourir les censures les plus graves et tout ce que nous pouvons pour eux c'est de recevoir l'expression de leur repentir et de les absoudre si leurs dispositions nous paraissent sincères*.
Bien que la condamnation qui les frappait apparût comme inattaquable, les tenants de l'église oonstitur lionnelle vont entrer en campagne pour la faire infirmer.
Dès novembre 1800, d'Hauterive écrivait, sous l'inspiration de Talleyrand « .. [la bulle du concordat] doit « porter une approbation expresse de la légalité des « serments qui ont été faits par le clergé constitutionci nel >) 2 et, dans le second projet de concordat, on
1. Un seul point n'était pas contesté à Rome et ne pouvait rétre : c'était la validité de leiir sacre. Ils avaient indubitablement reçu le caractère épiscopal et quand douze d'entre eux devinrent évikiues concordataires, il ne fut jamais question de réitérer leur consécration, même conditionnellcment.