‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 128 sur 286 · PAS DE RETRACTATION ! SOQ · texte numérisé non relu

PAS DE RETRACTATION ! SOQ

lisait en elTet : a Les évêques qui ont exercé les foncée tions épiscopales sans avoir été institués par le Saint- « Siège... seront de droit réunis au Saint-Siège s'ils se « conforment aux règles contenues dans le présent u concordat »^

C'était faire remonter les négociations au point où elles en étaient restées le jour où Pieracchi et Caleppi avaient refusé de signer le traité que leur présentait le Directoire 2 : le Pape était mis en demeure de désavouer les brefs par lesquels son prédécesseur avait condamné la constitution civile.

En janvier 1801, d'Hauterive reprend : « Un grand tt nombre de curés constitutionnels sont rentrés dans

u l'ancienne église par voie de rétractation cette

« conduite n'est pas bien noble, mais, bien que les « idées morales et religieuses soient puisées dans la « même source, elles se dirigent vers un but et se « règlent sur des points fixes absolument différents: « dans le système social, tout ce qui avilit deshonore ; « dans le système religieux, les humiliations volon- « taires sont vertus.... w^. Il n'y avait plus alors qu'à interdire le sacrement de Pénitence et à déclarer que la contrition est un sentiment blâmable.

Quelques jours après, était présenté le quatrième projet de concordat, visiblement corrigé par Talleyrand et on y lisait : « (les constitutionnels) seront de droit « réunis au Saint-Siège s'ils déclarent simplement et «' volontairement à Sa Sainteté vouloir se confor-

a. L'Eglise de Paris, III, 82-91.

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« mer aux règles contenues.... dans les articles du « concordat «^ et le 12 janvier, Talleyrand écrit : « Le clergé constitutionnel existe cependant et n'a « cessé de faire ses efforts pour prononcer son union « avec le Saint-Siège. De plus, il s'est rendu recom- « mandable aux feux de la Nation par ses principes « politiques. ... ; [te Gouvernement désire] que le clergé « constitutionnel n'ait pas à se plaindre d'une distinc- « tion entre lui et l'ancien clergé, ce que le Gouverne- « ment ne reconnaîtra jamais » *.

Dernier à son tour prenait la défense des constitutionnels, et, dans une note remise le 26 janvier à Spina, il disait : « Gomme le Saint-Siège protège les anciens « évêques, le Gouvernement désire aussi que ceux qui (( lui ont donné des marques de confiance puissent en (( recevoir de la part du Pape » 3.

Dans le cinquième projet, on trouve encore cette mention ambiguë : « Les évêques français, à quel titre que ce soit.... » mais à partir du sixième projet, il n'est plus parlé des ci-devant constitutionnels dans les articles mis en discussion. Un accord tacite semblait s'être établi pour les laisser de côté ; Spina, et après lui Consalvi, interprétaient ce silence comme une renonciation à soutenir des prétentions inadmissibles, et nous verrons quelles furent les suites de cette confiance mal fondée. Le Gouvernement, n'abandonnant pas son idée, se réservait de rouvrir le débat quand il en jugerait le moment opportun. En attendant,

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et cela aurait dû ouvrir les yeux aux diplomates romains, il avait autorisé la tenue au concile constitutionnel en dépit des protestations de Spina et il avait laissé Grégoire se targuer de la bienveillante tolérance des autorités.

Quelques jours après la signature du traité, exactement le 23 juillet, il y eut une dernière conférence chez Joseph Bonaparte pour mettre au point certains détails de rédaction et c'est pendant cette séance qu'éclata le conflit, le plus grave peut-être qui se soit produit au cours de ces pourparlers.

Depuis le 20 juillet, Joseph avait reçu de son frère deux lettres dans lesquelles le Premier Consul manifestait sa volonté de voir les évêques constitutionnels traités comme les autres évêques français*.

Lorsque Dernier entama ce chapitre. Consalvi lui fit remarquer que lui-même dans une note officielle du 9 juillet, il avait pris soin d'expliquer que par (( évêques titulaires », on entendait parler exclusivement de ceux qui avaient été canoniquement institués * ; mais rien n'y fit et Consalvi sentit devant lui une opposition irréductible autant qu'injustifiable. Dans une dépêche du 24 juillet adressée au cardinal Doria, Consalvi raconte la conversation extrêmement orageuse qu'il eut à ce propos avec le Premier Consul. En vain, il avait rappelé à Bonaparte les termes de la lettre écrite de sa part par le cardinal Martiniana... — « Que

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