REPONSE DE LE COZ 2I
a Irons notre cause au jugement de l'Église et à celui « de la postérité )). — « Xous reconnaissons dans « Pie Vil le vrai successeur de saint Pierre... nous lui (( devons et nous ne cesserons d'avoir pour lui une (( soumission respectueuse, non telle que le bref l'in- « sinue, mais telle que, de tous les temps, nos prédé- « cesseurs sur les sièges épiscopaux de France l'ont « admise, c'est-à-dire sans préjudicier aux intérêts de a notre patrie et sans porter atteinte aux libertés de « réglise gallicane ».
Le 6 octobre, Le Goz écrivait à Spina : Vous êtes « archevêque de Goranto, Monseigneur* ; je le suis de « Rennes. Je respecte votre titre quoiqu'il soit in par- (( tibus et sans fonctions; pourquoi affectez-vous de « méconnaître le mien, reconnu de la France, du Gou- « vernement, de l'Église, du Pontife même au nom (( duquel vous êtes censé écrire ? » Après cet exorde arrogant. Le Goz continue sur le même ton : Vous m'exhortez à revenir à l'unité de l'Église ; — Quand m'en suis-je écarté ? — Vous me demandez d'adhérer à toutes les décisions du Saint-Siège relatives aux affaires de France. — Puis-je adhérer à des décisions qui ne me sont pas connues ? — Vous m'invitez à bénéficier de la réconciliation ; — Si c'est une absolution que vous m'offrez, je n'en ai nul besoin ; — Vous me dites d'écrire à Sa Sainteté ; — Je l'ai fait, non une fois, mais six fois depuis dix ans et je n'en ai jamais
1. En disant Coranto pour Corinthe, Le Coz désignait la petite bourgade turque qui occupait, croyait-il, remplacement de l'ancienne Corinthe ; son intention était de déprécier encore le siège dont son contradicteur portait le titre.
-ai 8 CHICANES
reçu de réponse. — Pouvez-vous m'assurer que cette fois je serai plus heureux * ?
Tel est en substance le thème de toutes les réponses reçues par Spina et celle de Grégoire, en date du 8 octobre, en est la reproduction*.
Ce sont toujours les mêmes faux-fuyants, les mêmes chicanes et les mêmes ironies ; se dérobant à toute discussion suivie, ils prétendent ignorer les brefs de Pie VI, parce que, disent-ils, ces brefs ont armé le bras des insurgés vendéens ; au lieu d'expliquer pourquoi, longtemps avant les troubles de Vendée, ils se sont constitués en église schismatique, ils se glorifient d'avoir souffert pour la justice et d'avoir sauvé la Religion.
En lisant des plaidoyers passionnés, on est obligé de se demander si ces indignations étaient jouées ou si elles étaient sincères. Je crois avoir déjà montré ^ que chez les chefs de l'Eglise constitutionnelle les préjugés gallicans étaient ancrés d'une façon inébranlable. Lorsqu'ils avaient dit : les libertés de V Eglise gallicane, leurs yeux et leurs oreilles demeuraient fermés. Les actes les plus solennels du Saint-Siège n'existaient pour eux qu'autant qu'ils étaient approuvés et cautionnés par le pouvoir civil ; la moindre dispense ne tirait sa validité que de Vexequatur de l'Etat et ils étaient conséquents avec leurs théories quand ils disaient que l'organisation religieuse du pays était une affaire ne relevant que du Gouvernement français : quant au Pape, il n'avait