I. iNote des évêques remise à Portalis (B. IV, i
a30 DEMISSION
1er d'État Portaiis qui venait d*étre chargé de l'administration des Cultes ^ Portaiis leur fit comprendre que cela ne suffisait pas et que c'était au Pape que leur démission devait être adressée; sentant leur répugnance, il insinua que l'intention du Premier Consul était de choisir quelques-uns d'entre eux pour occuper les évêchés qui allaient être créés, et qu'il était de leur intérêt de traiter avec déférence le Souverain Pontife de qui ils auraient à recevoir sous peu l'institution canonique. Sur ces belles promesses, ils se retirèrent un peu rassurés sur l'avenir ; si quelques-uns d'entre eux entraient dans le nouvel épiscopat, la cause à laquelle ils étaient attachés ne manquerait pas de défenseurs.
Portaiis, après en avoir conféré avec plusieurs d'entre eux, rédigea une formule de démission à envoyer au Pape. Voici cette formule telle que Royer en donna communication à son presbytère, dans la séance tenue le i3 octobre i8oi.
(( Très Saint Père,
(( Il n'est ni sacrifices, ni démarches, ni privations (( qui coûtent au cœur d'un évêque, quand le bien de « la Religion et l'amour de la paix l'exigent. Pénétré « de ces religieux sentiments, je déclare donner libre- « ment, purement et simplement la démission démon « siège ».
I. Décret du 7 octobre cn'ant la direction des Cultes ; décret du 8 octobre chargeant le Conseiller d'Klat Portaiis des affaires relatives aux cultes; décret du 10 octobre fixant le traitement du Directeur des Cultes (B. IV, 137-139).
DEMISSION 3 a I
M Je \oue à Votre Sainteté, comme successeur légî- <c time de saint Pierre, obéissance et soumission, con- « formé ment aux canons et aux saints décrets de a r Église ».
(( J'adhère à la convention relative aux affaires ecclé- 41 siastiques de France et aux principes que l'Église et <( le Gouvernement y ont consacrés ».
(( Notre foi est celle des Apôtres ; nous voulons tous « vivre et mourir dans le sein de l'Église catholique, « apostolique et romaine et dans la communion du <c Saint-Siège, centre de l'Unité ».
« Tels sont nos sentiments, nos principes et nos « vœux ».
« Je prie Votre Sainteté d'en agréer le témoignage -« et d'y joindre sa bénédiction apostolique* ».
\ Telle ef^t la lettre qu'à de légères variantes près presque tous les évêques firent parvenir à Spina. Bien qu'elle fût susceptible, en certains de ses passages, d'interprétations peu catholiques, notamment le «conformément aux canons », elle était acceptable, surtout si elle était accompagnée d'explications verbales que le cardinal Caprara prit soin de se faire donner 2.
Mais il fallait compter avec les intransigeants à qui répugnait une démarche d'apparences respectueuses :
1. Hcgistre du Presbytère, i3 octobre 1801. — M. Boulay de la Meiirlhe publie (IV, i53) la lettre de Reymond, de Grenoble, qui, ■est à peu près identique.
2. Caprara à Consalvi, 18 octobre (B. IV, 16^4); dans leur lettre du 26 octobre (B. IV, 1O8), les « Réunis » font de cette visite un récit ironiquement impertinent.