LES ÉVÊQUES LÉGITIMES
Pour les démissions demandées aux constitutionnels par le pouvoir civil, les choses se passèrent le plus facilement du monde ; en quelques jours, elles étaient toutes sans exception entre les mains de Portalis ' ; il en arriva même qu'on ne demandait pas : celle des évêques depuis longtemps démissionnaires ou séparés de l'Église : (Villar, de Laval, Mestadîer, de Saint- Maixent, Charrier de la Roche, de Rouen), celles aussi de certains élus qui n'avaient pas été sacrés et à qui manquait tout caractère épiscopal (Ponsignon, de Sens et Tardiveaux, de Tours). Un seul prélat esquissa un semblant de résistance : j'ai à peine besoin de dire que c'était Clément, de Versailles, mais ses collègues le rappelèrent rudement à Tordre et l'obligèrent à rentrer dans le rang 2.
Il reste à examiner l'accueil fait par les évêques légitimes au bref qui leur était adressé ; nous allons voir que les craintes qui avaient été conçues étaient loin d'être exagérées ; nous devons étudier cette question avec d'autant plus de soin qu'un des prélats qui demeurèrent le plus longtemps indécis entre la soumission et la révolte est précisément l'archevêque de Paris.
Le bref avait été imprimé à Rome et M**^ Spina en avait reçu un certain nombre d'exemplaires ; en même