‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 148 sur 286 · I. Rinicri, op. cit., Sô-î-SoS · texte numérisé non relu

I. Rinicri, op. cit., Sô-î-SoS

2^6 LE CARDINAL GAPRARA

du jour OÙ, en faisant son entrée solennelle à Paris, il serait officiellement reçu par les autorités de la République et déploierait son caractère de représentant du Pape. En attendant, il n'était qu'un simple ambassadeur, et, pour ce qui regarde les affaires spirituelles, il n'avait à exercer aucun de ses pouvoirs. Nous allons voir qu'il fut cependant traité avec des égards exceptionnels dès son entrée en France et c'était pour le succès de sa mission un présage très encourageant.

Caprara était dans son évêché quand une lettre du cardinal Consalvi, datée du 12 août, lui apprit que le Premier Consul le demandait comme Légat et sur l'heure, il répondait qu'il acceptait si telles étaient les intentions du Saint-Père ^

11 se mit aussitôt en route et à peine arrivé à Rome il se présentait chez le Pape et chez le Secrétaire d'Étal ; il prenait connaissance de ses instructions 2 ; le 24, sa nomination fut publiée dans un consistoire et le 27, il recevait en grande cérémonie la croix papale, insigne de sa dignité 3. Dans l'état de dénuement où se trouvaient les finances pontificales, il ne pouvait être question de lui donner une cour qui rappelât, même de loin, celle de ses prédécesseurs. Quatre prélats.

1. Consalvi à Caprara, 12 août; Caprara à Consalvi, lii août (B. 11F, 3G2 et 3C/i).

2. Bulle Dextera Allissimi (tk août), portant nomination du Légat; lettres de créance et facultés du Légat, A septembre (B. IV, i/i-27; 62-81).

3. Circulaire de Consalvi aux nonces, 22 août fB. ïïl, 427); Cacault à Talleyrand (B. IV, /j).

LE CARDINAL GAPRARA 3^7

MMgrs Sala, Mazio, Vadorini et Ducci formaient toute sa suite avec quelques employés subalternes et un petit nombre de serviteurs ^

Depuis la frontière, des escortes militaires l'accompagnèrent ; les municipalités venaient le saluer à la descente de voiture et pourvoyaient à son logement. Les populations se pressaient sur son passage, désireuses de témoigner au représentant du Pape leurs sentiments de filiale vénération 2.

Après un voyage rapide, le Cardinal débarqua, le 4 octobre, à la nuit tombante, dans la modeste auberge où Spina, depuis plusieurs mois, était assez piètrement installé. Mais le Gouvernement prétendait traiter le Légat avec les honneurs dus au Saint-Siège qui se personnifiait en lui : il venait de louer à son intention une belle résidence, l'Hôtel de Montmorin, rue Plumet, où avait logé l'ancien ambassadeur d'Espagne, le Marquis de Muzquiz 3. La rue Plumet s'appelle aujourd'hui rue Ou dinot; l'hôtel de Montmorin était alors un élégant pavillon entouré d'un vaste jardin qui s'étendait le long du boulevard des Invalides*.

L'État s'était chargé de l'aménagement et de l'ameublement de l'hôtel du Légat qui put s'y établir dans les derniers jours d'octobre ; deux voitures toutes

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